• Apr 06, 2020
  • 13 minutes

L’expĂ©rience de l’Association Tahadi de Casablanca.

La propagation deCovid-19apporte de nombreux problèmes sociaux qui affectent la population,les femmes, les jeunes, les groupes les plus vulnĂ©rables. L’exemple des femmes victimes de violence domestique est flagrant.

“Avec 90 pays en confinement, quatre milliards de personnes sont appelĂ©es aujourd’hui Ă  rester chez elles pour se protĂ©ger contre la contagion mondiale du Covid-19. Mais cette mesure de protection cache un autre danger mortel. Nous voyons se dĂ©velopper une pandĂ©mie fantĂ´me, celle de la violence Ă  l’égard des femmes. [..] Le confinement exacerbe les tensions et le stress créés par les soucis de sĂ©curitĂ©, de santĂ© et d’argent. Il renforce par ailleurs l’isolement des femmes ayant un partenaire violent et les sĂ©pare des personnes et des ressources les plus Ă  mĂŞme de les aider. C’est la tempĂŞte idĂ©ale pour laisser libre cours aux comportements violents et dominateurs derrière les portes closes.”(DĂ©claration de Phumzile Mlambo-Ngcuka, Directrice exĂ©cutive d’ONU Femmes, lundi 6 avril 2020).

Aussi auMaroc, la société civile se mobilise pour apporter une réponse à certains de ces problèmes.

En ces temps d’isolement social, nous avons pensĂ© vous offrir un aperçu de cet engagement et des efforts mis en place par les professionnels et les opĂ©rateurs de services, les bĂ©nĂ©voles, mais aussi les simples citoyens et citoyennes, les acteurs du monde Ă©conomique et les responsables des institutions. Nous avons choisiCasablancaprincipalement parce que,depuis le dĂ©but de la pandĂ©mie, c’est la ville la plus touchĂ©e par le virus(avec plus de 900 cas dans la RĂ©gion de Casablanca-Settat au 22 Avril 2020, Source Ministère de la SantĂ© du Maroc). Mais il y a aussi une autre raison.Dans la ville se reflètent toute la complexitĂ©, la richesse et les problĂ©matiques d’une sociĂ©tĂ© en transition.

Plusieurs Ă©lĂ©ments de rĂ©flexion Ă©mergent en fait de notre rencontre virtuel avecBouchra Abdou, Directrice del’Association Tahadi pour l’EgalitĂ© et la CitoyennetĂ©.

Comment protĂ©ger tous les citoyens et toutes les citoyennes contre les risques liĂ©s Ă  la propagation du coronavirus? Comment limiter l’impact des inĂ©galitĂ©s prĂ©existantes sur les possibilitĂ©s pour tous et toutes de jouir pleinement des droits Ă  la santĂ©, Ă  la sĂ©curitĂ©, Ă  la protection sociale, ..? Et enfin, comment faire en sorte que les mesures que nous allons mettre en place pour rĂ©duire le risque de contagion n’aient pas de consĂ©quences nĂ©gatives sur ceux qui vivent dĂ©jĂ  dans une condition de vulnĂ©rabilitĂ© ?

Bonne lecture.

Basée à Casablanca, l’Association Tahadi est connotée par un fort ancrage territorial. Pourriez-vous nous raconter en quelque mot votre histoire dans ce territoire caractérisé par des dynamiques socio-économiques et culturelles extrêmement complexes?

Dès sa crĂ©ation, l’Association Tahadi a eu une vocation d’Association de quartier, plus prĂ©cisĂ©ment duquartier de Derb Ghallef, qualifiĂ© comme l’une des zones les plus « chaudes Â» deCasablanca, regorgeant de calamitĂ©s sociales de toute sorte:pauvretĂ© extrĂŞme, agressions et criminalitĂ©, violence de genre, ignorance, dĂ©linquance, prostitution, extrĂ©misme, trafic de stupĂ©fiant, dĂ©perdition scolaire… 

L’Association a été constituée en2003par ungroupe de jeunes refusant de rester indifférents face à une situation tellement critique et mus par une volonté de voir les choses s’améliorer. Au départ, guidé par le souci de maintenir la viabilité sociale, faire du quartier un endroit digne d’êtres humains, et améliorer la qualité de vie des habitants, l’Association Tahadi était essentiellement de vocation environnementale.
Cependant le caractère dynamique du travail de proximitĂ© (attribut distinctif de l’Association) et l’interaction ininterrompue entre les besoins croissants de la population et les services offerts, ont Ă©tĂ© Ă  l’origine de sa nouvelle vision au dĂ©veloppement. L’Association a procĂ©dĂ© donc Ă  l’élargissement de sa mission et Ă  la diversification de ses domaines d’action pour devenir l’Association Tahadi pour l’EgalitĂ© et la CitoyennetĂ© (ATEC).

Actuellement l’ATEC joue un rôle primordial dans la vie quotidienne de la population de Casablanca, son local est devenu uneinfrastructure essentielle dans le quartiercomme tout autre établissement public (école, dispensaire,…) où les habitants viennent régulièrement chercher des solutions à leurs problèmes, des réponses à leurs soucis.

Le travail que l’ATEC accompli dans le quartier de Derb Ghallef constitue une contribution Ă  l’établissement des bases d’une sociĂ©tĂ© dĂ©mocratique, moderne et tolĂ©rante, oĂą priment les valeurs humaines et universelles de libertĂ©, d’égalitĂ© et de citoyennetĂ©.
« Agir dans mon quartier pour bâtir ma société»est de ce fait un slogan central dans le travail de l’ATEC et dans un tel contexte la population entière constitue notre cible. Cependant, l’ATEC rapproche les problèmes de la population, leur identification ainsi que les programmes qui en découlent à partir d’une perspective de droit, de genre social et selon une approche participative. Actuellement, les services du centre sont sollicités principalement par:

DES FEMMES:
•victimes de violence, bĂ©nĂ©ficiaires des services d’écoute, orientation, soutien juridique et psychologique ;
•démunies, analphabètes et/ou au chômage, qui désirent apprendre à lire et à écrire, développer des compétences pour devenir autonomes ou encore qui viennent solliciter de l’aide sociale, loyer, médicament, vêtements et aussi des ovins pour la fête de l’Aid;
•mamans célibataires, qui demandent notre soutien pour l’enregistrement de leurs enfants dans les registres de l’Etat civil.

DES ENFANTS ET DES JEUNES:
•qui nécessitent des services d’écoute et de soutien psychologique. A ce propos, l’ATEC organise régulièrement des séances d’écoute en faveur des élèves dans les établissements scolaires du quartier, tandis que les cas qui nécessitent d’un suivi plus rigoureux, sont souvent transférés vers le centre;
•qui cherchent des opportunités de formation, accompagnement et d’insertion professionnelle et/ou qui désirent apprendre des langues étrangères (dans ce dernier cas, les cours de langues sont assurés en collaboration avec des bénévoles étrangers);
•qui sollicitent des cours de soutien scolaire (en effet l’ATEC œuvre depuis des années contre la déperdition scolaire dans les milieux précaires);
•qui cherchent tout simplement à participer dans les diverses activités de divertissement organisées par l’Association.

Au Maroc, la rĂ©gion de Casablanca-Settat compte le nombre le plus important de personnes infectĂ©es par le Covid-19. Pourriez-vous dĂ©crire brièvement la rĂ©ponse des habitants de Casablanca vis-Ă -vis des impositions et de limitations ayant pour objectif celui de rĂ©duire le risque de diffusion du Covid-19?    

Il faut reconnaitre que, dans ce contexte de diffusion de la pandĂ©mie aussi dans le Royaume du Maroc, l’Etat et le Gouvernement ont fait preuve d’un engagement dynamique remarquable, en prenant les devants et en mettant en place une panoplie de mesures proactives. Mais malheureusement les donnĂ©es socioculturelles et Ă©conomiques ne les ont pas beaucoup servit.La sociĂ©tĂ© marocaine, qui prĂŞte souvent foi Ă  la superstition et aux interprĂ©tations mythiques et accorde frĂ©quemment du crĂ©dit aux rumeurs et aux commĂ©rages, n’a pas toujours pris au sĂ©rieux la pandĂ©mie et ses dangers.Par consĂ©quent, la rĂ©ponse de la population n’a pas Ă©tĂ© toujours comme on l’espĂ©rait.  De mĂŞme, le tissu Ă©conomique marocain (constituĂ© en grosse partie d’activitĂ©s informelles) a eu du mal Ă  s’adapter au confinement, dans l’absence pour les familles de toute possibilitĂ© d’indemnisation. N.B. environ un mois après la dĂ©claration de l’état d’urgence sanitaire, le Gouvernement a dĂ©cidĂ© indemniser certaines familles affectĂ©es par le confinement, mais nous ici, on parle de tout un mois qui s’est Ă©coulĂ© sans aucune indemnisation. De plus, l’allocation pour chaque famille est nettement infĂ©rieure aux gagnes potentiels qui ont Ă©tĂ© perdus.

La nécessité de limiter la diffusion du virus, l’exigence de respecter le confinement et les autres limitations justement imposées par les Autorités, l’urgence de protéger la santé des collaborateurs, professionnels et volontaires… Comment avez-vous du changer vos procédures de prise en charge ainsi que la manière de répondre aux besoins de vos bénéficiaires?

Comme tout autre acteur national ou rĂ©sidant, l’ATEC n’a pas hĂ©sitĂ© Ă  se conformer aux dĂ©cisions Ă©tatiques visant Ă  enrayer la propagation de la pandĂ©mie du Covid-19. Aussi, dans un premier temps, l’ATEC a suspendu toutes les activitĂ©s collectives et celles susceptibles de recueillir une participation massive, tout en prĂ©servant les services quotidiens rendus dans le cadre du centre d’écoute et d’orientation juridique, ainsi que les actions Ă  participation très limitĂ©e, en respectant, bien entendu, les mesures gĂ©nĂ©rales de prĂ©vention et d’hygiène (utilisation des masques, des gants, des produits de dĂ©sinfection…). Mais avec l’adoption de l’Ă©tat d’urgence sanitaire le 20 mars 2020, l’ATEC a dĂ» revoir la totalitĂ© de son mode de fonctionnement en optant essentiellement pour le tĂ©lĂ©travail et en inaugurant un grand chantier de rĂ©flexion et de concertation (en interne et vis-Ă -vis des partenaires) dans le but detrouver les combinaisons capables d’assurer une certaine continuitĂ© de ses actions tout en respectant les contraintes de la nouvelle situation.
Au niveau local, on a un agent de quartier qui travaille à plein temps et qui œuvre en coordination avec une équipe de bénévoles éparpillés dans diverses zones du quartier pour prospecter et détecter les problèmes. L’agent de quartier est en contact permanent et direct avec la population. En dehors du quartier, l’ATEC bénéficie de la collaboration d’un large réseau d’Associations plantées sur tout le territoire casablancais et même au niveau national et international, qui nous transfèrent des cas susceptibles de bénéficier de nos services. D’autres cas nous sont, souvent, transférés par certains services de l’Etat, qui nous connaissent à travers le travail quotidien ou avec lesquels on a des partenariats officiels (Cellule de violence attachée au tribunal, ou celle attachée aux services de la sureté nationale, l’entraide nationale,…). Des cas nous parviennent, également, à traversnotre page Facebooket via le téléphone. Les accompagnements juridiques ou sanitaires sont suspendus, pendant la période du confinement, mais on ils vont être repris immédiatement après la fin de cette période.

Sur la base de votre expérience directe avec les femmes de Derb Ghallef, quelles sont vos inquiétudes pour le futur?

Les obstacles auxquels se confrontent aujourd’hui les femmes du Maroc dans leur parcours vers l’égalitĂ© de genre sont encore nombreux, d’ordre culturel et Ă©conomique, en plus des obstacles liĂ©s au manque d’instruction et de formation, Ă  l’ignorance et d’analphabĂ©tisme. L’absence de prise en charge durant la phase transitoire qui sĂ©pare le moment oĂą la femme prend la dĂ©cision d’être autonome et le moment oĂą elle devient effectivement capable de se prendre en charge, joue un rĂ´le crucial. Durant tout ce stade la femme doit subvenir Ă  ses besoins et Ă  ceux de ses enfants, sans considĂ©rer tous les efforts liĂ©s Ă  la nĂ©cessitĂ© de se former, d’apprendre, de trouver un emploi ou de lancer sa propre activitĂ© entrepreneuriale. En pensant Ă  ces difficultĂ©s, plusieurs femmes sont dĂ©couragĂ©es et renoncent prĂ©maturĂ©ment Ă  prendre cette voie. En plus, les femmes (en particulier celles en difficultĂ©s), trouvent du mal Ă  rĂ©pandre aux conditions souvent jugĂ©es excessives pour accĂ©der Ă  diffĂ©rentes sources de financement, tandis que une Ă©conomie souvent rigide les pousse Ă  opter pour des activitĂ©s Ă  faible valeur ajoutĂ©e (petits commerces, petits mĂ©tiers, ouvrières avec des tâches dĂ©terminĂ©es…) et Ă  très faibles revenus. Concernant la diffusion du Covid-19, nous sommes sans doute inquiets pour le sort desmilliers de femmes qui sont aujourd’hui condamnĂ©es Ă  rester coincĂ©es devant leurs agresseurs rĂ©els ou potentiels. MalgrĂ© les avancĂ©es considĂ©rables enregistrĂ©es au cours des dernières annĂ©es aussi au niveau des perceptions, il y a encore, ici au Maroc, une misogynie Ă©troitement liĂ©e Ă  une sociĂ©tĂ© masculine qui n’hĂ©site pas Ă se servir de la religion, des coutumes, de l’histoire, de la morale pour signaler son hostilitĂ© aux femmes. Une misogynie qui se manifeste et qui s’exprime chaque fois que la crise Ă©conomique s’intensifie, que la pauvretĂ© s’aggrave, que le chĂ´mage est exacerbĂ© et que le sentiment de faiblesse, de dĂ©sespoir et d’amertume qui en dĂ©coule empire. L’interprĂ©tation misogyne, considère que le fait que les femmes ont quittĂ© leur foyer et ont conquis le domaine du travail est Ă  l’origine de cette souffrance. Cette thèse poursuit son analyse pour arriver Ă  la conclusion que dans l’absence d’une rĂ©action humaine pour redresser la situation, c’est Ă  la volontĂ© divine de s’imposer. Le châtiment divin se manifeste tantĂ´t par une carence des pluies qui entraine de la sĂ©cheresse, tantĂ´t par d’autres catastrophes naturelles. Pour ces personnes, le coronavirus est expression du refus de Dieu de la sortie des femmes Ă  l’espace publique et «la fornication et l’adultère» qui l’a accompagnĂ©.

Pourriez-vous nous aider à mieux comprendre le travail que vous faites pour protéger les femmes victimes de violences domestiques dans la situation actuelle?

En période de confinement, les femmes victimes de violence domestique sont obligées de cohabiter sous le même toit avec leurs agresseurs, avec des risques énormes pour leur intégrité psychologique et physique. Cela a constitué une préoccupation majeure au sein de l’ATEC depuis la déclaration de l’état d’urgence sanitaire, en particulier pour ces femmes contraintes par la pauvreté et l’indigence, en l’absence de toute autre alternative.
Un ensemble de mesures ont été prises par l’Association à cet égard. D’abord un communiqué de presse a été publié pour attirer l’attention de l’opinion publique et pour appeler les décideurs politiques à leurs responsabilités.

En guise de recommandations visant l’adaptation de nos actions au nouveau contexte,l’Association a mis Ă  la disposition de ses femmes des numĂ©ros pour l’Ă©coute et le soutien psychologique Ă  distance.D’une autre cotĂ©, et en coordination avec nos partenaires sociaux Ă  savoir la Direction RĂ©gionale de l’Entraide Nationale et la Division de l’Action Sociale de la PrĂ©fecture des Arrondissements Casablanca-Anfa, l’ATEC a procĂ©dĂ© Ă  l’amĂ©nagement d’un espace au sein du centre d’hĂ©bergement provisoire de Derb Ghallef (voir plus bas, ndr) pour abriter le cas Ă©chĂ©ant, cette catĂ©gorie de femmes. Malheureusement, nous ne disposons pas encore de dispositifs lĂ©gaux auxquels s’appuyer afin de protĂ©ger ces femmes pendant la pĂ©riode de confinement. A ce niveau, il faut dire que c’est surtout la sociĂ©tĂ© civile qui est très active et qui essaye, avec ses moyens limitĂ©s, de combler ce vide.

Le Covid-19 touche donc de manière significative les plus vulnĂ©rables.  Les mesures adoptĂ©es pour limiter la diffusion de la pandĂ©mie demandent Ă  nous tous et toutes une discipline rigide qui n’est pas Ă  la portĂ©e de tout le monde (ex. les sans-abri). Quels types d’actions avez-vous mis en place pour protĂ©ger ces groups plus exposĂ©s aux risques d’infection?

Fidèle Ă  son identitĂ© d’organisation de dĂ©fense des droits humains, agissant dans le domaine de proximitĂ©, et se positionnant toujours au cĹ“ur des prĂ©occupations et soucis de la population, l’ATEC a Ă©tĂ© contrainte de changer de cap, et s’engouffrer dans toute dynamique visant Ă  garantir les droits des plus vulnĂ©rables.
Ça a Ă©tĂ© fait Ă  travers un certain nombre d’initiatives:les campagnes de conscientisation et de sensibilisation, les tournĂ©es du porte-Ă -porte, les tournĂ©es  haut-parleurs dans  la plupart des rues et ruelles du quartier de Derb Ghallef, la distribution des paniers de denrĂ©es alimentaires aux familles nĂ©cessiteuses, la distribution les produits de dĂ©sinfection, le paiement du loyer pour certaines mères cĂ©libataires et femmes en situation difficile dans le quartier.

D’autre part, en partenariat avec la Direction RĂ©gionale de l’Entraide Nationale et la Division de l’Action Sociale de la PrĂ©fecture des Arrondissements Casablanca-Anfa, l’ATEC a contribuĂ© Ă  la crĂ©ation, de toute urgence, d’uncentre d’hĂ©bergement provisoire dans l’enceinte de la Maison des Jeunes Derb Gallef, pour loger des personnes sans-abri ou sans domicile fixe (SDF) qui, compte tenu de leur situation, sont susceptibles d’ĂŞtre plus vulnĂ©rables Ă  cette Ă©pidĂ©mie meurtrière.
Dans la réalisation de toutes ses actions, l’ATEC a également bénéficié du soutien de plusieurs bienfaiteurs, Associations amies, simples citoyens et citoyennes mais aussi quelques acteurs du monde économique. Pour vous donner quelques exemples, le restaurant La Flèche offre régulièrement des repas gratuits pour environ trente personnes et nous a financé 16 paniers de denrées alimentaires pour les familles du quartier. L’Hôtel Idou Anfa nous a offerts une quarantaine de serviettes. Enfin, aussi le McDonald’s local a manifesté, depuis le départ de l’opération d’hébergement, sa disponibilité à nous envoyer des repas, dès qu’on en aura besoin.

Le tĂ©moignage de Bouchra et de l’Association Tahadi nous laisse inquiets mais aussi confiants. Inquiets pour les nombreux dĂ©fis, pour les problĂ©matiques Ă©normes encore Ă  rĂ©soudre.. Inquiets car le chemin est encore long avant d’arriver Ă  briser les inĂ©galitĂ©s et garantir Ă  tous et toutes les mĂŞmes droits et le mĂŞme degrĂ© d’autonomie (de choix et d’action). Et pas seulement au Maroc. Mais confiants, oui, carles tĂ©moignages comme celui de Bouchra nous rappellent que les efforts se multiplient partout dans le monde, que la sociĂ©tĂ© civile est active et que les gens prennent conscience de leur ĂŞtre citoyens et citoyennes « Ă  partie entière Â», porteurs de droits et de devoirs, tout en favorisant un dĂ©veloppement Ă  la fois Ă©quitable et durable.

Isabella Panfili,Coordinatrice projets Iscos Marche au Maroc

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