• Mar 11, 2024
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Pour que le système marocain et ses institutions soient effectivement réorganisés, des dizaines de textes devront être élaborés et approuvés d’ici à 2016.
L’article 86 de la Constitution fixe un délai au gouvernement marocain pour préparer les lois organiques qu’elle prévoit. Elles « doivent avoir été soumises pour approbation au Parlement dans un délai n’excédant pas la durée de la première législature suivant la promulgation de ladite Constitution ». Après les législatives de novembre 2011, la nouvelle Chambre des représentants s’est attelée aux débats et au vote de la déclaration gouvernementale, puis de la Loi de finances pour 2012. Ce qui explique le retard pris dans l’étude des textes les plus importants de la législature 2011-2016.
Trois lois organiques ont d’ores et déjà été adoptées depuis l’adoption de la Constitution le 1er juillet 2011. Toutes ont été votées avant le scrutin de novembre. Il s’agit des textes relatifs aux partis politiques, à la Chambre des représentants et à la Chambre des conseillers. La première loi introduite par la nouvelle majorité concerne les nominations aux hautes fonctions publiques. Cette loi n° 02-12 « relative aux nominations aux hautes fonctions en application des dispositions des articles 49 et 92 de la Constitution » répartit les pouvoirs de proposition et de nomination entre le roi et le chef du gouvernement. Après avoir été votée, elle a été invalidée par le Conseil constitutionnel, le 3 juin dernier. Une deuxième mouture de ce texte a ensuite été adoptée début juillet, après une courte navette législative.
Batterie de lois-cadres
Quatre textes en un an, cela peut paraître bien peu. Car le texte de la Constitution prévoit une batterie de nouvelles lois-cadres pour les parlementaires. Au regard de la faiblesse des débats jusque-là, on peut légitimement se poser des questions sur la procédure de production de ces lois organiques, qui viennent préciser et détailler les réformes annoncées par la Constitution, quand elles ne créent pas de toutes pièces de nouvelles institutions. La Loi fondamentale donne ainsi au Parlement le pouvoir de réorganiser les dispositions gouvernant les commissions d’enquête parlementaires, les droits de l’opposition, les statuts des membres du gouvernement et des magistrats. Le pouvoir législatif devra également préciser les textes relatifs au Conseil de régence, au Conseil supérieur du pouvoir judiciaire, à la Cour constitutionnelle, aux collectivités territoriales, au Conseil économique, social et environnemental. Une nouvelle loi organique de finances est aussi prévue.
En outre, c’est aussi au Parlement de mettre en œuvre les innovations apportées par la réforme constitutionnelle. Il s’agit notamment du droit d’initiative parlementaire, du droit de pétition, de la législation du droit de grève, de l’exception d’inconstitutionnalité, du statut de la langue amazighe et du tout nouveau Conseil national des langues et de la culture marocaine. Au-delà de ce catalogue de textes qui revoit de fond en comble l’ordre législatif marocain, le principal enjeu de la réforme sera l’implication des élus des deux chambres dans l’écriture de ces lois, par la proposition de textes, le travail en commission sur la base des projets de lois portés par le gouvernement, en introduisant notamment des amendements aux textes.
Le texte de la loi n° 02-12 a notamment fait l’objet d’une bataille féroce en commission des lois, sans qu’aucun des amendements déposés par les groupes parlementaires de l’opposition ne soit retenu. Normal, au regard de la confortable majorité dont dispose le gouvernement et de la solidarité entre députés de cette majorité. Il n’en demeure pas moins que l’absence de débat public a réduit l’intérêt des citoyens pour ce texte pourtant crucial.
Garde-fou juridique
On peut penser que ces lois organiques, qui doivent toutes êtres validées par le Conseil constitutionnel ne seront pas adoptées dans garde-fou juridique, mais leur importance donne un indice sur le fonctionnement réel du pouvoir législatif. Celui-ci sera testé à l’occasion de dizaines de lois ordinaires qui doivent aussi fixer la composition, l’organisation, les attributions et les règles de fonctionnement des instances consultatives et de contrôle existantes, parmi lesquelles le Conseil national des droits de l’homme, le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger, la Haute Autorité de la communication audiovisuelle et le Conseil de la concurrence.
Enfin, d’autres lois devront définir ex nihilo de nouveaux organes : Autorité de la parité et de la lutte contre la discrimination, Instance nationale de probité et de lutte contre la corruption, Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique, Conseil consultatif de la famille et de l’enfance, Conseil de la jeunesse et de l’action associative. Passé le mois de ramadan, les députés auront du pain sur la planche.
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« On doit tenir aux Marocains un discours de vérité, recommande Ahmed Lahlimi Alami, le haut-commissaire au Plan (HCP). Les réformes seront difficiles à faire passer et nécessitent un consensus national de tous les acteurs (politiques, syndicats, société civile). Contre-performances en série, aggravation du déficit public et de la balance courante… Le Maroc risque un retour forcé au plan d’ajustement structurel façon années 1980. « On fonce droit sur l’iceberg », résume un spécialiste marocain de la finance. Engagé dans une crise profonde inhérente à la dégradation de ses comptes publics, le royaume est en effet dans une passe décisive, où la capacité de son économie à calculer juste, à anticiper et à manoeuvrer assez tôt sera déterminante s’il veut amortir le choc et éviter le naufrage. Avant la crise financière de 2008, le Maroc faisait figure de bon élève, avec un endettement maîtrisé, un faible déficit budgétaire et un équilibre de sa balance courante. Ce n’est plus le cas. Aujourd’hui, le prix du baril plombe la balance commerciale, les recettes touristiques s’érodent, les réserves de change s’amenuisent, la dette publique augmente, les déficits courants et budgétaires se creusent… Pour achever le tableau, la baraka n’est même plus là. La mauvaise pluviométrie va entraîner cette année une baisse de 42,8 % de la production céréalière. Revue à la baisse, la croissance ne devrait pas dépasser les 2,4 % (au lieu des 3,4 % annoncés fin mai et des 4,2 % de la loi de finances, en mars) contre une moyenne de 5 % ces dix dernières années. Elle est essentiellement dopée par les investissements publics, les aides étrangères (Union européenne et pays du Golfe) et la consommation intérieure, avec une forte politique d’incitation au crédit… Un modèle qui a fonctionné avec un prix du baril à 40 dollars alors que ce dernier tourne, en moyenne, autour des 80 dollars depuis trois ans. Contexte difficile Le pays va donc être obligé d’engager des réformes audacieuses et de se serrer la ceinture. Déjà, la Banque centrale marocaine intervient pour refinancer les établissements bancaires privés. Le royaume pourrait également emprunter auprès des bailleurs de fonds ou sur le marché international afin de faire face aux dépenses urgentes. C’est dans ce contexte particulièrement difficile que le Parti de la justice et du développement (PJD) et ses alliés ont pris les rênes du gouvernement en janvier. Arrivés au pouvoir en surfant sur les thèmes des valeurs religieuses, de la bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption, les islamistes ont commencé à faire sauter quelques verrous en publiant la liste des agréments de transport (celles des carrières de sable et des licences de pêche pourraient suivre), autrefois cachés. Ils ont aussi décidé d’augmenter les prix des carburants pour être en phase avec le marché international, ce que les gouvernements précédents n’avaient pas osé faire. Des mesures certes audacieuses, mais qui ne permettront pas de donner les marges financières suffisantes pour honorer les promesses de campagne (hausse des salaires, aides aux plus démunis). La mise en oeuvre de la régionalisation demandera également des investissements lourds. « On attend une feuille de route pour assainir les finances publiques et mettre fin aux situations de rente », explique Driss Ksikes, directeur du Centre d’études sociales, économiques et managériales (Cesem) à Rabat. Les investisseurs souhaitent que l’on améliore l’environnement des affaires en s’attaquant au système de corruption et de clientélisme pratiqué par nombre de dirigeants qui se partagent des rentes comme le foncier, l’habitat, le régime des licences et agréments divers. Rigueur Autre problème à résoudre, la question des retraites. Sous-financées pendant des décennies, elles doivent être profondément réformées. Rien n’est arrêté, mais les autorités devront probablement augmenter les cotisations, l’âge du départ, et élargir la base des personnes cotisantes. Jusqu’où ira ce gouvernement ? « Je ne peux pas régler les problèmes de cinquante ans en cinq mois », déclarait en mai Abdelilah Benkirane, le chef du gouvernement. À court terme, le défi est de garantir la stabilité macro­économique en modérant les dépenses et en imposant la rigueur. Pour l’instant, les autorités ne veulent pas prononcer le mot « austérité » et ont tendance à minimiser, voire à nier, les réelles difficultés du pays. Beaucoup craignent un retour forcé au plan d’ajustement structurel (PAS) des années 1980, une période douloureuse. À son accession au trône, en juillet 1999, Mohammed VI avait pourtant trouvé une situation assainie. Ce qui lui a permis de lancer de grands chantiers portés par de nouveaux ministres – quadras dynamiques aux têtes bien faites – dans les infrastructures, le tourisme, l’industrie, l’immobilier, les banques et les services. Une politique dépensière mais qui a donné des résultats. En dix ans, le pouvoir d’achat des Marocains a doublé. Le pays a fait une entrée de plain-pied dans le monde de la consommation, dont les grandes enseignes (McDonald’s, Carrefour, Metro) sont les vitrines. Nouveaux débouchés Aujourd’hui, ce modèle, calqué sur celui de l’Espagne, s’essouffle. « Il faut réorienter la politique économique vers l’industrie, un secteur à forte valeur ajoutée qui, au Maroc, ne pèse que 15 % du PIB, contre plus de 22 % en moyenne dans les pays émergents », précise un industriel français. Il s’agit donc d’attirer de grands groupes, comme Renault à Tanger, Safran, Bombardier ou Airbus à Casa, qui créent dans leur sillage une multitude d’opportunités pour des sous-traitants. Mais pour être vraiment attrayant, il faudra que le royaume gagne en compétitivité. Le coût du travail et les charges sociales sont élevés pour un pays émergent, l’acquisition de foncier est compliquée et onéreuse. Pour trouver un nouveau souffle, nombreux sont ceux qui appellent aussi à accélérer la réforme agricole, avec la mise en place de pôles agro-industriels, et à poursuivre les politiques de diversification des partenariats économiques vers l’Afrique subsaharienne et les pays du Golfe. La crise européenne doit être l’occasion de chercher de nouveaux débouchés. En une décennie, les échanges avec le Vieux Continent ont baissé de dix points. « On doit tenir aux Marocains un discours de vérité, recommande Ahmed Lahlimi Alami, le haut-commissaire au Plan (HCP). Les réformes seront difficiles à faire passer et nécessitent un consensus national de tous les acteurs (politiques, syndicats, société civile). » Les autorités n’ont pas d’autre choix que de réussir. Depuis deux ans, les grèves sont quasi-hebdomadaires et la jeunesse se cherche un avenir. La moitié des 15-30 ans, qui représentent 30 % de la population et 44 % de celle en âge de travailler, n’a ni emploi ni cursus scolaire en cours. Une vraie bombe à retardement sociale. Lire l’article sur Jeuneafrique.com : Est-ce la fin du modèle économique marocain ? | Jeune Afrique Economie | L’actualité économique et financière de l’Afrique

  • 11 Marzo 2024
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(AFP/Azzouz Boukallouch) Un peu plus de six mois après sa nomination, le gouvernement de coalition dirigé par l’islamiste Abdelilah Benkirane connaît ses premiers déboires. C’était prévisible : un contexte économique marqué par la crise, des révolutions arabes qui s’éternisent et font planer le risque d’une reprise de la contestation dans la rue, une monarchie soucieuse de préserver son capital sympathie et de ne pas être associée à l’échec éventuel du gouvernement sont autant de facteurs qui expliquent ces difficultés. Tout avait plutôt bien commencé. Déjouant les pronostics de ceux qui prédisaient une cohabitation tendue entre le roi et le Parti de la justice et du développement (PJD), vainqueur dans les urnes, le chef du gouvernement s’était rapidement forgé une image de boute-en-train, fort en thème, blaguant devant un Mohammed VI apparemment complice. Cerné par un protocole pesant et des courtisans aussi empressés qu’intéressés, le roi paraissait assez séduit par ce parler-vrai rafraîchissant. Les plus optimistes espéraient même que le rééquilibrage des pouvoirs au sein de l’exécutif, inscrit dans la nouvelle Constitution, serait bel et bien appliqué et que le roi se délesterait d’une partie de ses prérogatives au profit de son Premier ministre. Volonté de rompre avec les anciennes pratiques D’entrée de jeu, Abdelilah Benkirane et son équipe ont affiché leur volonté de rompre avec certaines pratiques. Première mission: partir en croisade contre la corruption et l’économie de rente, qui gangrènent la société marocaine. Le ministre de l’Equipement et des transports, Abdelaziz Rabbah, a été l’un des premiers à faire parler de lui en dévoilant la liste, jusque-là non publique, des bénéficiaires des autorisations de transport de voyageurs, les “grimates”. L’opacité qui entoure l’attribution de très nombreux agréments (pas seulement dans le domaine des transports) a souvent été dénoncée au Maroc. Ce système des grimates est même considéré comme un maillon essentiel du contrôle des populations par le Makhzen, l’administration royale. Ainsi, dans le sillage des manifestations qui ont agité le royaume pendant les premiers mois de l’année 2011, moqadem et caïds – les agents de l’administration locale – ont parcouru bourgs et villages pour y distribuer de précieux avantages, en échange d’une allégeance renouvelée. Ce discours anticorruption s’est cependant assez vite essoufflé, la lutte contre l’économie de rente se limitant à des effets d’annonce et à la publication de quelques noms. Le PJD est revenu aux fondamentaux de l’idéologie islamo-conservatrice, au risque de déplaire à la fraction moderniste de la société… et au souverain. Le premier faux pas est venu de la seule femme du gouvernement, Bassima Hakkaoui, après le suicide, au mois de mars, d’une adolescente mariée de force à son violeur présumé. Le drame avait suscité une forte émotion dans le royaume et à l’étranger. De nombreuses associations de femmes avaient alors demandé que soit abrogé l’article 475 du Code pénal marocain, qui permet à un homme coupable de viol sur mineure d’échapper à sa peine en épousant sa victime. Affirmant que “parfois le mariage de la violée à son violeur ne lui porte pas un réel préjudice”, Bassima Hakkaoui leur avait opposé une fin de non-recevoir en se déclarant opposée à l’abrogation de l’article incriminé “sous la pression de l’opinion publique internationale”. Des propos malvenus du ministre de la Justice Autre ministre, autre bévue: le tonitruant détenteur du portefeuille de la Justice, Mustapha Ramid, ancien avocat de détenus salafistes, pointait, lors d’une visite à Marrakech, l’attitude selon lui “dépravée” des étrangers, accusés de “passer beaucoup de temps à commettre des péchés et s’éloigner de Dieu” lors de leurs séjours dans la capitale du sud du royaume. Des propos malvenus, alors même que, un an après l’attentat qui a secoué le café Argana, la ville ocre mise plus que jamais sur le retour des touristes. Au cours de cette même visite, Ramid a également eu un entretien très médiatisé avec une figure controversée de la scène religieuse marocaine, le cheikh Maghraoui, connu pour avoir, en 2008, émis une fatwa autorisant le mariage d’une fillette de 9 ans… Dans un premier temps, la monarchie est restée sur la réserve, tout en engageant discrètement une véritable course aux nominations. Avant même l’arrivée d’Abdelilah Benkirane à la primature, après avoir musclé son cabinet en y introduisant de nouveaux conseillers, dont son ami Fouad Ali el-Himma et l’ancien ministre des Affaires étrangères Taïeb Fassi Fihri, Mohammed VI avait nommé une série d’ambassadeurs. Le mouvement préfectoral du mois de mai dernier a de nouveau été piloté presque entièrement par le Palais. C’est le roi qui a choisi la plupart des nouveaux walis (préfets) et gouverneurs, le chef du gouvernement jouant les figurants. Dans la même veine, quelques jours avant, Mohammed VI avait créé une nouvelle commission – chargée de la réforme de la justice, celle-là -, dont les membres ont tous été nommés par décret royal. Il aura fallu que le ministre de la Communication, Mustapha el-Khalfi, annonce la mise en application des nouveaux cahiers des charges de l’audiovisuel public, pour que le Palais sorte de sa réserve et entame la deuxième phase de son bras de fer avec le PJD. Mustapha el-Khalfi proposait en substance que les chaînes de télévision marocaines (Al Aoula et 2M) retransmettent tous les appels à la prière de la journée, accordent une plus grande place à l’arabe et à l’amazigh (au détriment des langues étrangères que sont le français et l’espagnol), s’interdisent de diffuser de la publicité pour les jeux de hasard… Ces mesures n’ont pas manqué de susciter l’ire des patrons de chaînes. Réputés proches du Palais, ces derniers se sont épanchés dans les médias sur leur désaccord avec leur ministre de tutelle. Le différend a pris un tour nouveau quand le roi en personne a convoqué Abdelilah Benkirane et Mustapha el-Khalfi. Avant de rendre un verdict sans appel: les dispositions de ce texte ne correspondent pas à l’esprit de la nouvelle Constitution, qui se veut pluraliste. En l’état, il ne sera pas adopté. Fin de la lune de miel C’est le premier vrai revers enregistré par le gouvernement. Les dirigeants du PJD n’en continuent pas moins de mettre en avant le soutien que leur accorde toujours le roi, mais ces contre-feux ne trompent personne: la lune de miel entre Abdelilah Benkirane et Mohammed VI semble terminée. Un malheur n’arrivant jamais seul, l’opposition parlementaire, comme enhardie par ce désaveu, n’a pas tardé pas à prendre le relais. Cette fois, ce sont les augmentations de prix décidées par le gouvernement qui ont mis le feu aux poudres. L’avenir de la Caisse de compensation, un fonds mis en place par l’Etat sous Hassan II pour subventionner les produits de première nécessité, fait l’objet d’un débat récurrent au Maroc. Dans un contexte budgétaire difficile pour le royaume, confronté à l’envolée des prix du pétrole et à la facture des subventions accordées pour maintenir la paix sociale l’an dernier, le gouvernement a pris une décision impopulaire, il y a quelques semaines, en annonçant une augmentation du prix de l’essence et en laissant entendre que d’autres hausses pourraient suivre. Le roi plane au-dessus de la mêlée, dans un rôle d’arbitre Les syndicats proches de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), aujourd’hui dans l’opposition, se sont saisis de cette décision pour faire descendre leurs partisans dans la rue. Le dimanche 27 mai, plusieurs milliers de personnes ont donc manifesté à Casablanca, la capitale économique du pays, et scandé des slogans hostiles au gouvernement. Après les derniers échecs des appels à manifester lancés par le Mouvement du 20 février, fer de lance du mouvement protestataire de l’an dernier, ce rassemblement a surpris par son ampleur. L’état de grâce est bel et bien terminé pour le gouvernement emmené par le PJD, désormais sous le feu des critiques. Paradoxalement, la manifestation de Casablanca couronne de succès la gestion royale du “printemps arabe” marocain. Si la rue a pu sembler, un temps, être tentée par des slogans antimonarchiques, c’est aujourd’hui le gouvernement d’Abdelilah Benkirane qui est en première ligne. Alors même qu’il n’a rien perdu de son pouvoir réel, le roi plane désormais au-dessus de la mêlée, dans un rôle d’arbitre, à la fois recours des modernistes et alibi des islamistes. Reste les problèmes de fond de l’économie marocaine. Sortie indemne du “printemps arabe” et de la “marée verte” qui a suivi, la monarchie est aujourd’hui, comme l’ensemble du royaume, confrontée au vent de la crise qui souffle d’Europe. Les réformes au Maroc Des think tanks pour le Maroc Maroc: les cent ans du Traité de Fès Maroc: Human Rights Watch appelle à la libération du rappeur “Lhaqed” Le Maroc a-t-il besoin d’un TGV? Paris-Rabat: une amitié particulière Suivez L’Express Sur Facebook Sur Twitter Et aussi : RSS Newsletter Mobile Réagir 2 Commentaires (2) Filtrer : SiriusmaghrebinSiriusmaghrebin – 03/08/2012 13:36:12 Le couple Palais /PJD est comptable solidaire de la situation économique et sociale.Les deficits budgetaires creusés par la caisse de compensation( 55 milliards de dirhams,soit 5 milliards d’euros)des produits pétroliers ,farine de blé,sucre,les chutes de devises dues l’affaissement des investissements directs ,la chute des entrés touristiques,la chute des transferts des travaileurs marocains à l’étranger font que le Maroc connait financièrement une situation très critique,d’autant que la croissance longtemps à 6 ou 7%,tombe à moins de 2,2%. Le chômage recurrent des jeunes atteint les 50%,les caisses de retraite feront tilt dans les années 2020 au plus tard.La dernière hausse courageuse du prix de l’éssence et du gazoil est à mettre au crédit du PJD.Reste que même réelu triophalement à la tête de son parti,vu que ses concurents ne sont pas prêts à affronter la fronde des plus démunis,Benkirane n’ a pas de recette miracle,pas plus que le Palais de politique de rechange crédible.N’oublions pas que les dernières élections législatives du 25 novembre dernier n’a vu qu’une participation de 35% des électeurs marocains .Le PJD de Benkirane actuel premier ministre a recueilli tou de même une voix exprimée sur 4,ce qui n’est pas négligeable.Malgré les dérapages verbaux de ses ministres et sa piètre culture économique,Benkirane continue à jouir d’une polpularité certaine,pendant que l’Istklal ,arrivé second ,se déchire en deux factions,et risque l’implosion.Quand au parti socialiste USFP,aucun leader n’emerge même dans l’opposition.Le Palais pour rester au dessus de la mêlée se voit cohabiter au moins pendant cette législature,sinon,on ne voit pas bien comment ajouter des incertitudes politiques aux incertitudes économiques.

  • 11 Marzo 2024
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