Le soutien de la société civile marocaine aux groupes les plus vulnérable pendant l’urgence sanitaire contre le Covid-19.

L’expérience de l’Association Tahadi de Casablanca.

La propagation de Covid-19 apporte de nombreux problèmes sociaux qui affectent la population, les femmes, les jeunes, les groupes les plus vulnérables. L’exemple des femmes victimes de violence domestique est flagrant.

“Avec 90 pays en confinement, quatre milliards de personnes sont appelées aujourd’hui à rester chez elles pour se protéger contre la contagion mondiale du Covid-19. Mais cette mesure de protection cache un autre danger mortel. Nous voyons se développer une pandémie fantôme, celle de la violence à l’égard des femmes. [..] Le confinement exacerbe les tensions et le stress créés par les soucis de sécurité, de santé et d’argent. Il renforce par ailleurs l’isolement des femmes ayant un partenaire violent et les sépare des personnes et des ressources les plus à même de les aider. C’est la tempête idéale pour laisser libre cours aux comportements violents et dominateurs derrière les portes closes.” (Déclaration de Phumzile Mlambo-Ngcuka, Directrice exécutive d’ONU Femmes, lundi 6 avril 2020).

Aussi au Maroc, la société civile se mobilise pour apporter une réponse à certains de ces problèmes.

En ces temps d’isolement social, nous avons pensé vous offrir un aperçu de cet engagement et des efforts mis en place par les professionnels et les opérateurs de services, les bénévoles, mais aussi les simples citoyens et citoyennes, les acteurs du monde économique et les responsables des institutions. Nous avons choisi Casablanca principalement parce que, depuis le début de la pandémie, c’est la ville la plus touchée par le virus (avec plus de 900 cas dans la Région de Casablanca-Settat au 22 Avril 2020, Source Ministère de la Santé du Maroc). Mais il y a aussi une autre raison. Dans la ville se reflètent toute la complexité, la richesse et les problématiques d’une société en transition.

Bouchra Abdou

Plusieurs éléments de réflexion émergent en fait de notre rencontre virtuel avec Bouchra Abdou, Directrice de l’Association Tahadi pour l’Egalité et la Citoyenneté.

Comment protéger tous les citoyens et toutes les citoyennes contre les risques liés à la propagation du coronavirus? Comment limiter l’impact des inégalités préexistantes sur les possibilités pour tous et toutes de jouir pleinement des droits à la santé, à la sécurité, à la protection sociale, ..? Et enfin, comment faire en sorte que les mesures que nous allons mettre en place pour réduire le risque de contagion n’aient pas de conséquences négatives sur ceux qui vivent déjà dans une condition de vulnérabilité ?

Bonne lecture.

Basée à Casablanca, l’Association Tahadi est connotée par un fort ancrage territorial. Pourriez-vous nous raconter en quelque mot votre histoire dans ce territoire caractérisé par des dynamiques socio-économiques et culturelles extrêmement complexes?

Dès sa création, l’Association Tahadi a eu une vocation d’Association de quartier, plus précisément du quartier de Derb Ghallef, qualifié comme l’une des zones les plus « chaudes » de Casablanca, regorgeant de calamités sociales de toute sorte: pauvreté extrême, agressions et criminalité, violence de genre, ignorance, délinquance, prostitution, extrémisme, trafic de stupéfiant, déperdition scolaire… 

L’Association a été constituée en 2003 par un groupe de jeunes refusant de rester indifférents face à une situation tellement critique et mus par une volonté de voir les choses s’améliorer. Au départ, guidé par le souci de maintenir la viabilité sociale, faire du quartier un endroit digne d’êtres humains, et améliorer la qualité de vie des habitants, l’Association Tahadi était essentiellement de vocation environnementale.
Cependant le caractère dynamique du travail de proximité (attribut distinctif de l’Association) et l’interaction ininterrompue entre les besoins croissants de la population et les services offerts, ont été à l’origine de sa nouvelle vision au développement. L’Association a procédé donc à l’élargissement de sa mission et à la diversification de ses domaines d’action pour devenir l’Association Tahadi pour l’Egalité et la Citoyenneté (ATEC).

Actuellement l’ATEC joue un rôle primordial dans la vie quotidienne de la population de Casablanca, son local est devenu une infrastructure essentielle dans le quartier comme tout autre établissement public (école, dispensaire,…) où les habitants viennent régulièrement chercher des solutions à leurs problèmes, des réponses à leurs soucis.

Le travail que l’ATEC accompli dans le quartier de Derb Ghallef constitue une contribution à l’établissement des bases d’une société démocratique, moderne et tolérante, où priment les valeurs humaines et universelles de liberté, d’égalité et de citoyenneté.
« Agir dans mon quartier pour bâtir ma société» est de ce fait un slogan central dans le travail de l’ATEC et dans un tel contexte la population entière constitue notre cible. Cependant, l’ATEC rapproche les problèmes de la population, leur identification ainsi que les programmes qui en découlent à partir d’une perspective de droit, de genre social et selon une approche participative. Actuellement, les services du centre sont sollicités principalement par:

DES FEMMES:
victimes de violence, bénéficiaires des services d’écoute, orientation, soutien juridique et psychologique ;
démunies, analphabètes et/ou au chômage, qui désirent apprendre à lire et à écrire, développer des compétences pour devenir autonomes ou encore qui viennent solliciter de l’aide sociale, loyer, médicament, vêtements et aussi des ovins pour la fête de l’Aid;
mamans célibataires, qui demandent notre soutien pour l’enregistrement de leurs enfants dans les registres de l’Etat civil.

DES ENFANTS ET DES JEUNES:
qui nécessitent des services d’écoute et de soutien psychologique. A ce propos, l’ATEC organise régulièrement des séances d’écoute en faveur des élèves dans les établissements scolaires du quartier, tandis que les cas qui nécessitent d’un suivi plus rigoureux, sont souvent transférés vers le centre;
qui cherchent des opportunités de formation, accompagnement et d’insertion professionnelle et/ou qui désirent apprendre des langues étrangères (dans ce dernier cas, les cours de langues sont assurés en collaboration avec des bénévoles étrangers);
qui sollicitent des cours de soutien scolaire (en effet l’ATEC œuvre depuis des années contre la déperdition scolaire dans les milieux précaires);
qui cherchent tout simplement à participer dans les diverses activités de divertissement organisées par l’Association.

Au Maroc, la région de Casablanca-Settat compte le nombre le plus important de personnes infectées par le Covid-19. Pourriez-vous décrire brièvement la réponse des habitants de Casablanca vis-à-vis des impositions et de limitations ayant pour objectif celui de réduire le risque de diffusion du Covid-19?    

Il faut reconnaitre que, dans ce contexte de diffusion de la pandémie aussi dans le Royaume du Maroc, l’Etat et le Gouvernement ont fait preuve d’un engagement dynamique remarquable, en prenant les devants et en mettant en place une panoplie de mesures proactives. Mais malheureusement les données socioculturelles et économiques ne les ont pas beaucoup servit. La société marocaine, qui prête souvent foi à la superstition et aux interprétations mythiques et accorde fréquemment du crédit aux rumeurs et aux commérages, n’a pas toujours pris au sérieux la pandémie et ses dangers. Par conséquent, la réponse de la population n’a pas été toujours comme on l’espérait.  De même, le tissu économique marocain (constitué en grosse partie d’activités informelles) a eu du mal à s’adapter au confinement, dans l’absence pour les familles de toute possibilité d’indemnisation. N.B. environ un mois après la déclaration de l’état d’urgence sanitaire, le Gouvernement a décidé indemniser certaines familles affectées par le confinement, mais nous ici, on parle de tout un mois qui s’est écoulé sans aucune indemnisation. De plus, l’allocation pour chaque famille est nettement inférieure aux gagnes potentiels qui ont été perdus.

La nécessité de limiter la diffusion du virus, l’exigence de respecter le confinement et les autres limitations justement imposées par les Autorités, l’urgence de protéger la santé des collaborateurs, professionnels et volontaires… Comment avez-vous du changer vos procédures de prise en charge ainsi que la manière de répondre aux besoins de vos bénéficiaires?

Comme tout autre acteur national ou résidant, l’ATEC n’a pas hésité à se conformer aux décisions étatiques visant à enrayer la propagation de la pandémie du Covid-19. Aussi, dans un premier temps, l’ATEC a suspendu toutes les activités collectives et celles susceptibles de recueillir une participation massive, tout en préservant les services quotidiens rendus dans le cadre du centre d’écoute et d’orientation juridique, ainsi que les actions à participation très limitée, en respectant, bien entendu, les mesures générales de prévention et d’hygiène (utilisation des masques, des gants, des produits de désinfection…). Mais avec l’adoption de l’état d’urgence sanitaire le 20 mars 2020, l’ATEC a dû revoir la totalité de son mode de fonctionnement en optant essentiellement pour le télétravail et en inaugurant un grand chantier de réflexion et de concertation (en interne et vis-à-vis des partenaires) dans le but de trouver les combinaisons capables d’assurer une certaine continuité de ses actions tout en respectant les contraintes de la nouvelle situation.
Au niveau local, on a un agent de quartier qui travaille à plein temps et qui œuvre en coordination avec une équipe de bénévoles éparpillés dans diverses zones du quartier pour prospecter et détecter les problèmes. L’agent de quartier est en contact permanent et direct avec la population. En dehors du quartier, l’ATEC bénéficie de la collaboration d’un large réseau d’Associations plantées sur tout le territoire casablancais et même au niveau national et international, qui nous transfèrent des cas susceptibles de bénéficier de nos services. D’autres cas nous sont, souvent, transférés par certains services de l’Etat, qui nous connaissent à travers le travail quotidien ou avec lesquels on a des partenariats officiels (Cellule de violence attachée au tribunal, ou celle attachée aux services de la sureté nationale, l’entraide nationale,…). Des cas nous parviennent, également, à travers notre page Facebook et via le téléphone. Les accompagnements juridiques ou sanitaires sont suspendus, pendant la période du confinement, mais on ils vont être repris immédiatement après la fin de cette période.

Sur la base de votre expérience directe avec les femmes de Derb Ghallef, quelles sont vos inquiétudes pour le futur?

Les obstacles auxquels se confrontent aujourd’hui les femmes du Maroc dans leur parcours vers l’égalité de genre sont encore nombreux, d’ordre culturel et économique, en plus des obstacles liés au manque d’instruction et de formation, à l’ignorance et d’analphabétisme. L’absence de prise en charge durant la phase transitoire qui sépare le moment où la femme prend la décision d’être autonome et le moment où elle devient effectivement capable de se prendre en charge, joue un rôle crucial. Durant tout ce stade la femme doit subvenir à ses besoins et à ceux de ses enfants, sans considérer tous les efforts liés à la nécessité de se former, d’apprendre, de trouver un emploi ou de lancer sa propre activité entrepreneuriale. En pensant à ces difficultés, plusieurs femmes sont découragées et renoncent prématurément à prendre cette voie. En plus, les femmes (en particulier celles en difficultés), trouvent du mal à répandre aux conditions souvent jugées excessives pour accéder à différentes sources de financement, tandis que une économie souvent rigide les pousse à opter pour des activités à faible valeur ajoutée (petits commerces, petits métiers, ouvrières avec des tâches déterminées…) et à très faibles revenus. Concernant la diffusion du Covid-19, nous sommes sans doute inquiets pour le sort des milliers de femmes qui sont aujourd’hui condamnées à rester coincées devant leurs agresseurs réels ou potentiels. Malgré les avancées considérables enregistrées au cours des dernières années aussi au niveau des perceptions, il y a encore, ici au Maroc, une misogynie étroitement liée à une société masculine qui n’hésite pas à se servir de la religion, des coutumes, de l’histoire, de la morale pour signaler son hostilité aux femmes. Une misogynie qui se manifeste et qui s’exprime chaque fois que la crise économique s’intensifie, que la pauvreté s’aggrave, que le chômage est exacerbé et que le sentiment de faiblesse, de désespoir et d’amertume qui en découle empire. L’interprétation misogyne, considère que le fait que les femmes ont quitté leur foyer et ont conquis le domaine du travail est à l’origine de cette souffrance. Cette thèse poursuit son analyse pour arriver à la conclusion que dans l’absence d’une réaction humaine pour redresser la situation, c’est à la volonté divine de s’imposer. Le châtiment divin se manifeste tantôt par une carence des pluies qui entraine de la sécheresse, tantôt par d’autres catastrophes naturelles. Pour ces personnes, le coronavirus est expression du refus de Dieu de la sortie des femmes à l’espace publique et «la fornication et l’adultère» qui l’a accompagné.

Pourriez-vous nous aider à mieux comprendre le travail que vous faites pour protéger les femmes victimes de violences domestiques dans la situation actuelle?

En période de confinement, les femmes victimes de violence domestique sont obligées de cohabiter sous le même toit avec leurs agresseurs, avec des risques énormes pour leur intégrité psychologique et physique. Cela a constitué une préoccupation majeure au sein de l’ATEC depuis la déclaration de l’état d’urgence sanitaire, en particulier pour ces femmes contraintes par la pauvreté et l’indigence, en l’absence de toute autre alternative.
Un ensemble de mesures ont été prises par l’Association à cet égard. D’abord un communiqué de presse a été publié pour attirer l’attention de l’opinion publique et pour appeler les décideurs politiques à leurs responsabilités.

En guise de recommandations visant l’adaptation de nos actions au nouveau contexte, l’Association a mis à la disposition de ses femmes des numéros pour l’écoute et le soutien psychologique à distance. D’une autre coté, et en coordination avec nos partenaires sociaux à savoir la Direction Régionale de l’Entraide Nationale et la Division de l’Action Sociale de la Préfecture des Arrondissements Casablanca-Anfa, l’ATEC a procédé à l’aménagement d’un espace au sein du centre d’hébergement provisoire de Derb Ghallef (voir plus bas, ndr) pour abriter le cas échéant, cette catégorie de femmes. Malheureusement, nous ne disposons pas encore de dispositifs légaux auxquels s’appuyer afin de protéger ces femmes pendant la période de confinement. A ce niveau, il faut dire que c’est surtout la société civile qui est très active et qui essaye, avec ses moyens limités, de combler ce vide.

Le Covid-19 touche donc de manière significative les plus vulnérables.  Les mesures adoptées pour limiter la diffusion de la pandémie demandent à nous tous et toutes une discipline rigide qui n’est pas à la portée de tout le monde (ex. les sans-abri). Quels types d’actions avez-vous mis en place pour protéger ces groups plus exposés aux risques d’infection?

Fidèle à son identité d’organisation de défense des droits humains, agissant dans le domaine de proximité, et se positionnant toujours au cœur des préoccupations et soucis de la population, l’ATEC a été contrainte de changer de cap, et s’engouffrer dans toute dynamique visant à garantir les droits des plus vulnérables.
Ça a été fait à travers un certain nombre d’initiatives: les campagnes de conscientisation et de sensibilisation, les tournées du porte-à-porte, les tournées  haut-parleurs dans  la plupart des rues et ruelles du quartier de Derb Ghallef, la distribution des paniers de denrées alimentaires aux familles nécessiteuses, la distribution les produits de désinfection, le paiement du loyer pour certaines mères célibataires et femmes en situation difficile dans le quartier.

D’autre part, en partenariat avec la Direction Régionale de l’Entraide Nationale et la Division de l’Action Sociale de la Préfecture des Arrondissements Casablanca-Anfa, l’ATEC a contribué à la création, de toute urgence, d’un centre d’hébergement provisoire dans l’enceinte de la Maison des Jeunes Derb Gallef, pour loger des personnes sans-abri ou sans domicile fixe (SDF) qui, compte tenu de leur situation, sont susceptibles d’être plus vulnérables à cette épidémie meurtrière.
Dans la réalisation de toutes ses actions, l’ATEC a également bénéficié du soutien de plusieurs bienfaiteurs, Associations amies, simples citoyens et citoyennes mais aussi quelques acteurs du monde économique. Pour vous donner quelques exemples, le restaurant La Flèche offre régulièrement des repas gratuits pour environ trente personnes et nous a financé 16 paniers de denrées alimentaires pour les familles du quartier. L’Hôtel Idou Anfa nous a offerts une quarantaine de serviettes. Enfin, aussi le McDonald’s local a manifesté, depuis le départ de l’opération d’hébergement, sa disponibilité à nous envoyer des repas, dès qu’on en aura besoin.

Le témoignage de Bouchra et de l’Association Tahadi nous laisse inquiets mais aussi confiants. Inquiets pour les nombreux défis, pour les problématiques énormes encore à résoudre.. Inquiets car le chemin est encore long avant d’arriver à briser les inégalités et garantir à tous et toutes les mêmes droits et le même degré d’autonomie (de choix et d’action). Et pas seulement au Maroc. Mais confiants, oui, car les témoignages comme celui de Bouchra nous rappellent que les efforts se multiplient partout dans le monde, que la société civile est active et que les gens prennent conscience de leur être citoyens et citoyennes « à partie entière », porteurs de droits et de devoirs, tout en favorisant un développement à la fois équitable et durable.

Isabella Panfili, Coordinatrice projets Iscos Marche au Maroc

Il sostegno della società civile marocchina alle fasce più deboli della popolazione durante l’emergenza per il Covid-19.

L’esperienza dell’Associazione Tahadi di Casablanca.

La diffusione del Covid-19 porta con sé numerosi problemi di carattere sociale che colpiscono le fasce più deboli della popolazione: donne, gruppi vulnerabili e giovani.
L’esempio delle donne vittime di violenza domestica in tutto il mondo è lampante.

Quattro miliardi di persone sono chiamate oggi a restare a casa per proteggersi dalla pandemia mondiale di Covid-19. Ma questa misura di protezione nasconde un altro pericolo mortale. Vediamo diffondersi un’epidemia fantasma, quella della violenza sulle donne [..] Il confinamento esaspera le tensioni e lo stress creati dal bisogno di sicurezza, di salute e di denaro, rinforzando l’isolamento delle donne con un partner violento e separandole dalle persone e dalle risorse capaci di fornire un aiuto. E’ la tempesta ideale per lasciare libero corso ai comportamenti violenti e dominatori, dietro le porte chiuse.
(Phumzile Mlambo-Ngcuka, Direttore Esecutivo UN Women, lunedi 06 Aprile 2020)

Anche in Marocco, la società civile si mobilita per offrire una risposta ad alcuni di questi problemi.

Abbiamo pertanto pensato di offrirvi uno spaccato di questo impegno che viene “dal basso”, di una solidarietà che vede fianco a fianco professionisti e operatori dei servizi, volontari, ma anche semplici cittadini e cittadine, attori del mondo economico e responsabili delle Istituzioni. Abbiamo scelto Casablanca, principalmente perchè dall’esplosione della pandemia, la Regione di Casablanca-Settat è stata la più colpita dal virus, con più di 900 casi al 22 Aprile 2020 (Fonte: Ministero della Salute del Marocco). Ma c’è anche un’altra ragione. Nella città di Casablanca, megalopoli con più di 4 milioni di abitanti, si riflettono in maniera unica tutta la complessità, la ricchezza e le problematiche di una società in transizione.

Bouchra Abdou

Dal nostro incontro virtuale con Bouchra Abdou, Direttrice dell’Associazione Tahadi per l’Uguaglianza e la Cittadinanza, emergono diversi elementi di riflessione.

Come proteggere tutti i cittadini e le cittadine dai rischi connessi alla diffusione del virus? Come limitare l’impatto delle diseguaglianze preesistenti sulle possibilità per ciascuno e ciascuna di godere a pieno titolo dei propri diritti alla salute, alla sicurezza, alla protezione sociale? E, per finire, come far si che le misure che andiamo ad attuare per ridurre i rischi di contagio non abbiano conseguenze negative su chi vive già in una condizione di vulnerabilità?

Buona lettura!

Con sede a Casablanca, l’Associazione Tahadi è connotata da un forte radicamento territoriale. Potresti raccontarci in poche parole la vostra storia in questo contesto caratterizzato da dinamiche socio-economiche e culturali estremamente complesse?

Sin dalla sua creazione, l’Associazione Tahadi ha avuto una vocazione di associazione di quartiere, più precisamente del distretto di Derb Ghallef, qualificato come una delle zone più “calde” di Casablanca, densa di problematiche sociali di ogni tipo: povertà estrema, aggressioni e criminalità, violenza di genere, ignoranza, delinquenza, prostituzione, estremismo, traffico di droga, abbandono scolastico…

L’Associazione è stata costituita nel 2003 da un gruppo di giovani che si rifiutavano di rimanere indifferenti di fronte a una situazione così critica, spinti dal desiderio di vedere migliorare le cose. Nelle sue fasi iniziali, guidata da un principio di “sostenibilità sociale”, dalla preoccupazione di rendere il quartiere un luogo più vivibile e di migliorare la qualità della vita dei suoi abitanti, l’Associazione Tahadi ha avuto essenzialmente una vocazione ambientale.
Tuttavia, la natura dinamica del lavoro di prossimità (un attributo distintivo dell’Associazione) e l’interazione ininterrotta tra le crescenti esigenze della popolazione e i servizi offerti, sono stati all’origine della nuova visione dell’Associazione, che ha quindi ampliato la sua missione e diversificato i suoi campi d’azione per diventare Associazione Tahadi per l’Uguaglianza e la Cittadinanza (ATEC).

Attualmente l’ATEC svolge un ruolo chiave nella vita quotidiana degli abitanti di Casablanca, i suoi locali sono diventati un’infrastruttura essenziale nel quartiere come qualsiasi altra istituzione pubblica (scuola, dispensario,…) dove gli abitanti vengono regolarmente a cercare soluzioni per i loro problemi e risposte alle loro preoccupazioni.

Il lavoro svolto dall’ATEC nel distretto di Derb Ghallef vuole essere inteso come un contributo per la creazione delle basi di una società democratica, moderna e tollerante, in cui i valori umani e universali di libertà, uguaglianza e cittadinanza hanno la precedenza.
“Agire nel mio vicinato per costruire la mia società” è quindi uno slogan centrale nel lavoro dell’ATEC e in questo contesto l’intera popolazione è il nostro obiettivo. Guidati da un approccio partecipativo ai problemi della popolazione (affrontati in prospettiva legale, sociale e di genere), i servizi del centro sono richiesti principalmente da:

DONNE:
• vittime di violenza, beneficiarie di servizi di ascolto, orientamento, supporto legale e psicologico;
• povere, analfabete e/o disoccupate che vogliono imparare a leggere e scrivere, sviluppare competenze per diventare autonome ma anche donne che vengono a cercare assistenza sociale, abitativa, medicine, vestiti e persino il montone per la festa musulmana dell’Eid;
• madri single, che chiedono il nostro sostegno per la registrazione dei loro figli all’anagrafe.

BAMBINI E GIOVANI:
• bisognosi di servizi di ascolto e supporto psicologico. A questo proposito, ATEC organizza regolarmente nelle scuole locali delle sessioni di ascolto per gli studenti, mentre i casi che richiedono un follow-up più rigoroso vengono trasferiti al centro;
• che sono alla ricerca di opportunità di formazione, supporto e inserimento professionale e/o che desiderano imparare le lingue straniere (in quest’ultimo caso, i corsi di lingua sono offerti in collaborazione con volontari stranieri);
• che necessitano di sostegno allo studio (a riguardo, ATEC lavora da anni contro l’abbandono scolastico in ambienti precari);
• che desiderano semplicemente partecipare alle attività di svago e socializzazione organizzate dall’Associazione.

In Marocco, la regione di Casablanca-Settat registra il maggior numero di persone infette da Covid-19. Potresti descrivere brevemente la risposta degli abitanti di Casablanca alle limitazioni volte a ridurre il rischio di diffusione del virus?

Bisogna riconoscere che, nel contesto della diffusione della pandemia anche nel Regno del Marocco, lo Stato e il Governo hanno dato prova di un notevole impegno dinamico, attuando da subito una serie di misure proattive importanti. Sfortunatamente però, i dati socio-culturali ed economici non li hanno sempre aiutati. Spesso la società marocchina non ha preso sul serio la pandemia e i rischi ad essa connessi, anche in virtù di una ancora diffusa tendenza a dare credito a superstizioni e interpretazioni mitiche nonché a voci e pettegolezzi. Di conseguenza, la reazione della popolazione non ha sempre corrisposto alle attese. Allo stesso modo, il tessuto economico marocchino (costituito in gran parte da attività informali) ha faticato ad adattarsi al confinamento, soprattutto a causa dell’assenza di indennità e altri meccanismi di protezione. N.B. circa un mese dopo la dichiarazione dello stato di emergenza sanitaria, il governo ha deciso di risarcire alcune famiglie colpite dal confinamento, ma qui stiamo parlando di un mese intero che è passato senza alcun risarcimento. Inoltre, l’indennità per ciascuna famiglia è significativamente inferiore ai potenziali guadagni che sono stati persi.

La necessità di limitare la diffusione del virus, l’obbligo di rispettare il confinamento e le altre limitazioni imposte dalle autorità, l’urgenza di proteggere la salute di dipendenti, professionisti e volontari … Come sono cambiate le vostre procedure di presa in carico e come riuscite ad oggi a venire incontro ai bisogni dei vostri beneficiari?

Come qualsiasi altro attore nazionale o residente, l’ATEC non ha esitato a conformarsi alle decisioni statali volte ad arginare la diffusione della pandemia di Covid-19. Inizialmente, abbiamo dunque sospeso tutte le attività collettive e quelle per le quali era prevista una partecipazione numerosa, mantenendo i servizi quotidiani resi nell’ambito del centro di ascolto e di orientamento legale, nonché le azioni con una partecipazione molto limitata, e rispettando, ovviamente, le misure generali di prevenzione e igiene (uso di mascherine, guanti, prodotti per la disinfezione …). Ma con l’adozione dello stato di emergenza sanitaria il 20 marzo 2020, abbiamo dovuto rivedere tutti i nostri metodi operativi, optando essenzialmente per il telelavoro e inaugurando un importante cantiere di riflessione e consultazione (interno e nei confronti dei partner) al fine di trovare le soluzioni in grado di garantire la continuità delle nostre azioni nel rispetto dei vincoli della nuova situazione.
A livello locale, al momento, abbiamo un agente di quartiere che lavora a tempo pieno in coordinamento con un team di volontari sparsi in varie aree del territorio per identificare le problematiche esistenti. L’agente di quartiere è in contatto permanente e diretto con la popolazione. Al di fuori dell’ambito strettamente locale, l’ATEC beneficia della collaborazione di una vasta rete di Associazioni dislocate su tutto il territorio di Casablanca nonché a livello nazionale e internazionale, che trasferiscono casi che potrebbero beneficiare dei nostri servizi. Altri casi vengono spesso trasferiti a noi dai servizi statali, che ci conoscono attraverso il lavoro quotidiano o con i quali abbiamo partenariati ufficiali (Cellule antiviolenza collegate al tribunale e ai servizi di sicurezza e mutua assistenza,…). Alcuni casi giungono a noi anche attraverso la nostra pagina Facebook e tramite telefono. Il supporto legale o sanitario resterà sospeso durante il confinamento, ma riprenderà immediatamente dopo la fine di questo periodo.

Sulla base della vostra esperienza diretta con le donne di Derb Ghallef, quali sono le vostre preoccupazioni principali in questo momento?

Gli ostacoli che devono affrontare le donne in Marocco oggi nel loro cammino verso la parità di genere sono ancora numerosi, di ordine culturale ed economico, oltre agli ostacoli legati alla mancanza di istruzione e formazione, all’ignoranza e all’analfabetismo. L’assenza di supporto durante la fase di transizione che separa il momento in cui la donna prende la decisione di essere indipendente e il momento in cui diventa effettivamente  capace di farsi carico di se stessa, gioca un ruolo cruciale. Durante questa fase, la donna deve sostenere se stessa e i suoi figli, senza considerare tutti gli sforzi legati alla necessità di formarsi, apprendere, trovare un lavoro o avviare la propria attività imprenditoriale. Pensando a queste difficoltà, molte donne si scoraggiano e rinunciano prematuramente a prendere questa strada. Inoltre, le donne (specialmente quelle in condizione di particolare vulnerabilità) riscontrano evidentemente delle difficoltà ad accedere ad opportunità di finanziamento (le cui condizioni sono peraltro spesso considerate eccessive), mentre un’economia spesso rigida le spinge a optare per attività a basso valore aggiunto (piccoli commerci, mansioni saltuarie,…) e a reddito molto basso. Per quanto riguarda la diffusione del Covid-19, siamo senza dubbio preoccupati per il destino delle migliaia di donne che oggi sono condannate a restare rinchiuse in casa insieme ai loro reali o potenziali aggressori. Nonostante i notevoli progressi registrati negli ultimi anni anche a livello di attitudini e percezioni, persiste in Marocco una misoginia strettamente legata a una società maschilista che non esita a usare la religione, i costumi, la storia e la morale per segnalare la sua ostilità alle donne. Una misoginia che si manifesta e che si esprime ogni volta che la crisi economica si aggrava, che la povertà peggiora, la disoccupazione aumenta e i sentimenti di debolezza, disperazione e amarezza che ne derivano si esasperano. L’interpretazione misogina ritiene che il fatto che le donne abbiano lasciato le loro case e siano entrate nel mondo del lavoro sia la causa di questa sofferenza. Questa tesi continua la sua analisi per giungere alla conclusione che, in assenza di una reazione umana per rettificare la situazione, è la volontà divina ad imporsi. La punizione divina si manifesta a volte per mancanza di pioggia che porta alla siccità, a volte per altri disastri naturali. Per queste persone, il coronavirus è un’espressione del rifiuto di Dio verso l’uscita delle donne nello spazio pubblico nonché verso “la fornicazione e l’adulterio” che l’hanno accompagnata.

Potresti aiutarci a capire meglio il lavoro che state portando avanti per proteggere le donne vittime di violenza domestica nella situazione attuale?

Durante il confinamento, le donne vittime di violenza domestica sono costrette a convivere sotto lo stesso tetto con i loro aggressori, con enormi rischi per la loro integrità psicologica e fisica. Questa è stata una delle principali preoccupazioni dell’ATEC dalla dichiarazione dello stato di emergenza sanitaria, in particolare per le donne più colpite dalla povertà e dalla miseria, totalmente sprovviste di alternative.
L’Associazione ha pertanto adottato una serie di misure specifiche. In primo luogo, è stato rilasciato un comunicato stampa per attirare l’attenzione dell’opinione pubblica e richiamare i decisori politici alle loro responsabilità.

L’Associazione ha pertanto messo a disposizione delle beneficiarie attuali e potenziali i numeri di telefono per l’ascolto e il supporto psicologico a distanza. In coordinamento con l’Entraide Nationale (i nostri Servizi Sociali, ndr) e la Prefettura di Casablanca-Anfa, l’ATEC ha provveduto a riservare uno spazio all’interno del centro abitativo temporaneo recentemente creato all’interno della Casa dei Giovani di Derb Ghallef (vedi sotto, ndr) per ospitare, laddove necessario, questa categoria di donne. Sfortunatamente, non abbiamo ancora meccanismi legali su cui fare affidamento per proteggere queste donne durante il periodo di confinamento. A riguardo, bisogna dire che, in questo momento, è soprattutto la società civile ad essere molto attiva e che sta cercando, con i suoi mezzi limitati, di colmare il vuoto normativo.

Il Covid-19 colpisce in modo significativo i più vulnerabili. Le misure adottate per limitare la diffusione della pandemia richiedono a tutti noi una rigida disciplina che non sempre è alla portata di tutti (ad esempio le persone senza fissa dimora). Quali tipi di azioni avete intrapreso per proteggere questi gruppi che sono più esposti al rischio di infezione?

Fedele alla sua identità di organizzazione per la difesa dei diritti umani attiva a livello locale, che pone al centro della sua mission i bisogni della popolazione, l’ATEC si è affrettata a rispondere alle nuove esigenze e problematiche del territorio al fine di garantire i diritti dei più vulnerabili. Sono state pertanto messe in campo una serie di iniziative di informazione: campagne di sensibilizzazione, tour porta a porta nelle strade e nei vicoli del quartiere Derb Ghallef, distribuzione di alimenti per le famiglie più bisognose, distribuzione di prodotti per la disinfezione, pagamento dell’affitto per alcune madri e donne single del quartiere in circostanze particolarmente difficili.

D’altro canto, in collaborazione con i Servizi Sociali e la Prefettura di Casablanca-Anfa, l’ATEC ha contribuito alla creazione, con urgenza, dello spazio abitativo temporaneo all’interno della Centro Giovanile di Derb Ghallef, per ospitare le persone senza fissa dimora che, data la loro particolare situazione, sono più esposte al rischio di contrarre il virus.
Nello svolgimento di tutte le sue azioni, ATEC ha anche beneficiato del sostegno di numerosi benefattori, associazioni amiche, semplici cittadini ma anche alcuni attori del mondo economico. Rispetto a questi ultimi, il ristorante La Flèche offre regolarmente pasti gratuiti per una trentina di persone e ha finanziato 16 panieri per le famiglie del quartiere. L’Idou Anfa Hotel ha donato quaranta asciugamani. Infine, anche il McDonald’s locale ha dimostrato, sin dall’inizio dell’operazione di sostegno abitativo, la sua disponibilità a inviarci i pasti, non appena ne avremo bisogno.

La testimonianza di Bouchra e dell’Associazione Tahadi ci lascia forse un po’ inquieti ma anche fiduciosi. Inquieti per le tante sfide, per i problemi ancora da risolvere, perché il cammino è lungo prima di arrivare ad abbattere le diseguaglianze e garantire a tutti e tutte pieni diritti e autonomia di scelta e di azione. E non solo in Marocco. Ma fiduciosi, sì, perché le testimonianze come questa ci ricordano che ovunque nel mondo gli sforzi si moltiplicano, che la società civile è attiva e che gli uomini e le donne del mondo stanno acquisendo consapevolezza del loro essere cittadini e cittadine “a parte intera”, portatori di diritti e doveri, condizione indispensabile per uno sviluppo globale equo e sostenibile.

Isabella Panfili, Coordinatrice progetti Iscos Marche in Marocco

In Marocco, il virus non è solo una questione sanitaria

Sono 1.113 i casi confermati di coronavirus in Marocco alle ore 13:00 del 06 Aprile 2020. 71 i decessi, 76 i guariti, 3954 i casi esclusi in seguito a tampone.

La decisione del Governo marocchino di chiudere tutti gli aeroporti a partire dal 20 Marzo, dichiarando lo stato di urgenza sanitaria e applicando immediatamente le misure di contenimento, si è dimostrata la scelta più giusta, in un paese il cui sistema sanitario soffre di mancanze strutturali tali da non poter in alcun caso reggere la sfida di una epidemia delle stesse proporzioni di quella che sta colpendo Europa e Stati Uniti.

Al di là dei dati specifici (regolarmente aggiornati dalle autorità competenti per cui se interessati ad un monitoraggio in diretta vi consiglio di consultare il sito ufficiale del Ministero della Salute marocchino), vorrei usare questo spazio per una riflessione su alcuni elementi di criticità che la diffusione del COVID-19 sta portando alla luce, scoprendo vulnerabilità e elementi importanti di sottosviluppo di cui ancora soffre il paese, nonostante i grandi passi avanti degli ultimi anni. In primis, come già dicevamo, l’incapacità delle strutture ospedaliere pubbliche di rispondere al bisogno di salute dei cittadini, per l’obsolescenza dei locali e delle infrastrutture, per la diffusa mancanza di attrezzature e dispositivi di protezione, per la carenza di personale qualificato e infine per la frequente difficoltà di reperire medicinali che vadano oltre l’ordinario. Aggiungiamo a questo la mancanza di un welfare esteso e di meccanismi condivisi per la protezione dei cittadini e dei lavoratori, in un contesto di forti diseguaglianze interne, sia di tipo orizzontale (tra “ricchi” e “poveri”) che verticali (tra urbano e rurale, ma anche tra Nord e Sud del Paese).

Per quanto riguarda le misure prettamente sanitarie, 2 miliardi di dirhams (circa 190 milioni di euro) sono stati allocati dal Fondo Speciale per la lotta alla pandemia da Coronavirus creato da Sua Maestà il Re Mohammed VI per la riqualificazione del sistema sanitario pubblico, con l’identificazione di strutture su tutto il territorio nazionale specializzate per la presa in carico terapeutica di casi di COVID-19. Anche le strutture private sono state chiamate dal governo a contribuire in caso di bisogno, qualora la situazione per il pubblico dovesse in futuro divenire ingestibile. Importante è stato inoltre il coinvolgimento dell’esercito, degli ospedali e della medicina militare nella gestione delle operazioni di prevenzione e messa in quarantena ma anche di presa in carico e cura dei casi di contagio.

Nelle sue fasi iniziali, l’epidemia di COVID-19 in Marocco sembrava riguardare in via esclusiva Europei venuti in viaggio (per piacere o per lavoro) oppure marocchini “di ritorno”. La spirale si è poi ovviamente allargata, andando a toccare anche i residenti, che costituiscono ormai la maggioranza dei contagiati. Si consideri a riguardo che il modello abitativo preponderante in Marocco è quello della famiglia allargata, per cui si vive tutti insieme, condividendo spesso spazi anche piccoli, laddove ognuno porta il suo contributo all’economia familiare. In un paese in cui il numero di disoccupati ha raggiunto 1,2 milioni nel 2017, ovvero circa il 10,2% della popolazione attiva, l’accesso al lavoro non riesce di per sé a garantire un tenore di vita dignitoso (cfr Rapporto Bank Al Maghrib 2017). Un lavoratore dipendente su cinque non è retribuito e il potere contrattuale dei lavoratori sui datori di lavoro è quasi inesistente, come testimoniato anche dalla difficoltà dei sindacati locali ad “entrare” nel settore privato e soprattutto nelle piccole e medie realtà imprenditoriali, spesso informali. Quasi 8 dipendenti su 10 non hanno copertura medica e molti non sono affiliati a nessun sistema pensionistico, a fronte di un livello medio dei salari che rimane comunque basso tra i lavoratori del privato, circa 2.800 dirhams mensili (270 euro circa) nei settori dell’industria, del commercio e nelle professioni liberali e 1.813 dirhams mensili (circa 170 euro) nel settore agricolo. Per darvi un’idea delle disparità interne, la retribuzione di un dipendente pubblico è in media superiore dell’82% a quella di un lavoratore nel settore privato, senza considerare il fatto che il settore pubblico beneficia di un sistema pensionistico particolarmente generoso. Per farvi capire il potere di acquisto reale, un kg di carne di manzo costa in media intorno alla 10 euro, per le verdure comuni come patate, carote e pomodori siamo tra 60 centesimi e un euro al kg mentre la frutta è più cara, fino a 3-4 euro al kg. Insomma, non siamo ai livelli dell’Europa, ma neppure troppo lontano….

Il virus porta a galla le diseguaglianze rischiando di trasformare i diritti in privilegi e di far emergere conflitti sociali. L’isolamento impone una condotta rigida che non si adatta ai bisogni di chi è costretto a lavorare per mangiare ma che comunque va rispettata, al fine di limitare la diffusione dell’epidemia.

Tra i due mali, il male minore. Ma per quanto?
Quanto può costare la pace sociale, in un paese che non può offrire a tutti i cittadini e tutte le cittadine le stesse garanzie e le stesse tutele?

Alla fine di marzo di quest’anno, il Comitato Economico di Vigilanza (CVE) ha presentato pubblicamente delle misure di sostegno provvisorie che saranno adottate a favore delle famiglie che operano nel settore informale e che sono direttamente colpite dalle restrizioni mirate a ridurre la diffusione del virus. Data la complessità e la portata del problema, il CVE ha deciso di procedere in due fasi.
In un primo momento, a partire circa dal 06/04/2020, beneficeranno di aiuti economici i cittadini e le cittadine iscritti al Ramed, il Regime di Assistenza Medica per le fasce di popolazione più vulnerabili (che contava più di 10.000 persone iscritte nel 2017). Il Fondo per il Coronavirus trasferirà a queste famiglie degli “aiuti di sussistenza” sulla base dei seguenti criteri: 800 dirhams (circa 75 euro) per famiglie di due persone o meno; 1.000 dirhams (circa 95 euro) per famiglie da tre a quattro persone; 1.200 dirhams (circa 110 euro) per famiglie di oltre quattro persone. Il sistema è stato pensato per essere accessibile anche da casa. Il capofamiglia dovrà inviare il numero della sua carta Ramed via SMS, dal suo cellulare, al numero 1212, disponibile anche per fornire assistenza alle famiglie e chiarire dubbi rispetto alla situazione. E’ attesa invece per le prossime settimane una piattaforma di deposito per le dichiarazioni di quanti non sono iscritti al Ramed, lavoratori del settore informale e quanti hanno perso il proprio reddito a causa dell’isolamento obbligatorio, che dovrebbero beneficiare di aiuti successivi. L’indennità forfettaria mensile netta prevista per legge per i lavoratori e le lavoratrici iscritti/e alla previdenza sociale corrisponderebbe invece a circa 2.000 dirhams al mese (circa 197 euro).
Una situazione in evoluzione dunque, che se da una parte dimostra degli sforzi in atto per rispondere all’emergenza, dall’altra riesce a rassicurare solo in parte i dubbi e le angosce di ampi strati della popolazione privi di sicurezze per il futuro.

Chiudo queste due brevi pagine di riflessioni sulla diffusione del COVID-19 in Marocco con qualche riga su una zona di questo paese che mi è particolarmente cara essendo il territorio dove per primo ho vissuto, negli otto anni che sono trascorsi dal mio primo viaggio in questo paese. Si tratta della Regione del Draa-Tafilalet, a circa 200 km a Sud-Est di Marrakech, attraverso le montagne dell’Atlante verso il confine sud-orientale con l’Algeria. Un territorio essenzialmente rurale che negli ultimi 15 anni si è visto trasformare in destinazione di eccellenza per turisti da tutto il mondo desiderosi di spingersi fino alle prime dune del Sahara, per uno scatto tra le belle dune di Merzouga e Ch’gaga, magari da postare sul proprio profilo social. E’ il cosiddetto Grande Sud, una zona di frontiera in cui si mescolano Marocco Arabo e Marocco Africano, antica terra di carovane dove è ancora viva la cultura dei berberi, gli “uomini liberi” del deserto, che già aveva catturato l’immaginazione di tanti artisti e scrittori del ‘900 (si pensi al celebre “Tè del deserto” di Bowles). E’ difficile raccontare l’impatto del COVID-19 su questi territori, dove la gente ha risposto con compostezza e disciplina agli imperativi imposti dalla situazione, con la chiusura immediata di tutte le attività turistiche e ricettive (considerato comunque che la chiusura degli aeroporti e lo stop agli ingressi dall’Europa avevano già prodotto una sospensione forzata dal lavoro degli operatori turistici anche prima dell’obbligo imposto dalle autorità). Ma c’è preoccupazione nell’aria, soprattutto da parte delle generazioni più giovani.

Con i turisti se n’è andato anche il lavoro, lasciando l’evidenza di una economia locale fragile, ancora sconnessa e disarticolata, dove i saperi e gli equilibri tradizionali si sono persi nell’arco di meno di una generazione, lasciando un vuoto che se non colmato in fretta rischia di essere il motore di fenomeni di deculturazione nonché di emigrazione verso altre aree del Paese (Casablanca, Tangeri) o l’Europa.

Cosi, mentre  crescono i timori per l’impatto del nuovo coronavirus sull’economia mondiale, questi territori alle porte del deserto, normalmente esclusi dal dibattito pubblico, diventano ai miei occhi il simbolo di quanto gli equilibri del mondo cosiddetto globalizzato siano interconnessi, di quanto “periferia” e “centro” siano luoghi simbolici che esistono solo nell’occhio di chi osserva e di come sia impossibile continuare a pensare di tutelare solo una parte senza prendersi cura del tutto.

Isabella Panfili, Rappresentante paese Iscos Marche in Marocco

Tessendo diritti, ad Ancona un seminario sul lavoro dignitoso nella filiera tessile

Sono atterrati in Italia il 9 febbraio quattro delegati etiopi accolti da Iscos di Emilia Romagna e Iscos Marche nell’ambito del progetto “Lavoro dignitoso per le donne nella filiera del tessile in Etiopia – GABI”, finanziato dalla Regione Marche, Servizio Attività produttive, lavoro e istruzione.

la delegazione Etiope accolta dallo staff di Iscos Emilia Romagna
La delegazione etiope accolta dallo staff di Iscos Emilia Romagna a Bologna

Saranno impegnati in 10 giorni di visite che li porteranno a conoscere aziende e federazioni Cisl dislocate tra Emilia Romagna, Lombardia, Veneto e Toscana per poi approdare anche in terra marchigiana.

Per l’occasione, il 19 febbraio 2020, presso la Sede Regionale della CISL, in Via dell’Industria 17/A ad Ancona, l’Iscos Marche, con la collaborazione di Cisl Marche e della Femca (Federazione Energia, Moda, Chimica e Affini) Cisl Marche, organizza il seminario dal titolo “Tessendo diritti. Filiere produttive in Etiopia: tra multinazionali e sindacati” con l’obiettivo di sensibilizzare le Istituzioni e la società civile della Regione Marche sul tema del lavoro dignitoso nelle filiere produttive globali, ragionando insieme sull’implementazione di modelli organizzativi aziendali basati sul rispetto dei diritti di lavoratori e lavoratrici, sull’attenzione alla salute e sicurezza sul luogo di lavoro, e sulla parità di genere in ogni sua forma.

12 Aprile 1976. Ethiopia foto di Ray Witlin su www.unmultimedia.org/photo/

Aprirà i lavori Vincenzo Russo, Presidente di Iscos Cisl e Direttore di Iscos Marche. Seguiranno gli interventi di Alessia Lo Turco, professore associato presso l’Università Politecnica delle Marche, Piero Francia, Segretario generale  FEMCA Cisl Marche e, a chiudere, l’intervento di Sauro Rossi, Segretario generale Cisl Marche.

La presenza di Angesom Gebreyohannes Gembremedhine, Segretario generale nazionale del settore tessile di CETU (Confederation of Ethiopian Trade Union), Hunde Gudeta Gellashe, Responsabile Dipartimento Formazione CETU, Birhan Woldehana Rahmeto, manager della Elico Awash Tannery (azienda conciaria) e Mustafa Jemal Shibeshi, manager della Kombolcha Textile (azienda tessile) arricchiranno l’incontro con approfondimenti sulle condizioni di vita e di lavoro all’interno delle aziende del settore tessile e conciario presenti nei Distretti Industriali dell’Etiopia e sul ruolo del sindacato.

Qui è possibile visionare il programma completo (alcuni interventi sono ancora in attesa di conferma e potrebbero subire delle variazioni)

L’incontro è gratuito e aperto a tutte le persone interessate.
Per informazioni potete contattare l’ufficio di Iscos Marche info@iscosmarche.it

Un arcobaleno sgargiante nel cielo di Ambaras

Si avvia verso la conclusione il progetto Yenege Tesfa finanziato dall’Otto per Mille della Chiesa Evangelica Valdese.
Due anni in cui è stata supportata la frequenza scolastica degli 800 bambini iscritti alla Scuola pubblica di Ambaras (Etiopia) garantendo loro materiale didattico, uniformi scolastiche e un servizio mensa per i bimbi più piccoli (circa 60 con un’età compresa tra 3 e 5 anni).

Recentemente è stata effettuata l’ultima consegna delle derrate alimentari per la mensa e delle uniformi scolastiche che, per i bambini più piccoli, sono state sostituita con tute in pile, più adatte al clima locale. Il villaggio si trova difatti all’interno del Parco Nazionale dei Monti Simien, a 3.200 m d’altitudine.

L’area dei Monti Simien è seguita con attenzione dal nostro partner locale, l’associazione Yenege Tesfa, perché è il punto di partenza di molti bambini dei strada che vivono a Gondar nonché un’area di origine di tratta dei minori. Gli interventi condotti in questi anni hanno permesso di garantire un servizio essenziale ai bambini, e indirettamente un supporto alle famiglie.

Le iniziative a favore degli studenti delle aree rurali di Debark continuano grazie al sostegno della Chiesa Valdese. Il progetto Girls in school, avviato a gennaio 2019, permetterà difatti di sostenere 150 ragazze orfane e in difficoltà socio-economiche che desiderano proseguire gli studi in istituti di istruzione superiore, presenti solo nella città di Debark.

Nel mondo, c’è ancora molto da fare per il rispetto dei diritti dei lavoratori

Photo by Norbu Gyachung on Unsplash

Diffusa l’indagine annuale dell’ITUC sulla violazione dei diritti sindacali

Saranno presentati oggi a Ginevra i risultati del Global Right Index stilato dalla Confederazione Internazionale dei Sindacati, una graduatoria dei 145 paesi esaminati sulla base di 97 indicatori che riguardano le violazioni, sia a livello legislativo che nella pratica, dei diritti fondamentali dei lavoratori, in particolare la libertà di associazione, il diritto alla contrattazione collettiva e il diritto di sciopero.

I 10 peggiori paesi per violazioni dei diritti dei lavoratori

Non ne emerge una bella immagine a livello globale:

  • In dieci paesi alcuni sindacalisti sono stati assassinati: Bangladesh, Brasile, Colombia, Guatemala, Honduras, Italia, Pakistan, Filippine, Turchia e Zimbabwe.
  • L’85% dei paesi ha violato il diritto di sciopero.
  • L’80% dei paesi nega la contrattazione collettiva di alcuni o tutti i lavoratori.
  • Il numero di paesi che impediscono ai lavoratori di costituire o di aderire a un sindacato è aumentato da 92 nel 2018 a 107 nel 2019.
  • Nel 72% dei paesi i lavoratori hanno un accesso limitato o nullo alla giustizia.
  • Il numero di paesi in cui i lavoratori sono arrestati e detenuti è aumentato da 59 nel 2018 a 64 nel 2019.
  • Più di 1/3 dei paesi esaminati negano o limitano la libertà di parola e libertà di riunione.
  • Le autorità hanno impedito la registrazione dei sindacati nel 59% dei paesi.
  • I lavoratori hanno subito violenze in 52 paesi.

Qui è possibile scaricare il rapporto completo

Solo insieme possiamo invertire queste tendenze e assicurare che i diritti di tutti i lavoratori siano rispettati, indipendentemente da dove vivono.
Aiutaci a diffondere i risultati di questo rapporto!

1919-2019: l’Organizzazione Internazionale del Lavoro compie 100 anni

Photo © Crozet / Pouteau

Si è aperta lunedì la 108° Sessione della Conferenza Internazionale del Lavoro, il più alto organo decisionale dell’Organizzazione Internazionale del Lavoro (ILO l’acronimo inglese). Dal 10 al 21 giugno sono attesi a Ginevra circa 5.700 tra rappresentanti di governo (tra cui 45 capi di Stato), datori di lavoro e delegati dei lavoratori dei 187 Stati membri dell’ILO.

Quest’anno sarà anche l’evento conclusivo dell’iniziativa “Il futuro del lavoro”: una riflessione, avviata in occasione del Centenario dell’Organizzazione, sui grandi cambiamenti a cui è sottoposto il mondo del lavoro nella società attuale. Buona parte dei lavori della Conferenza saranno guidati dalle raccomandazioni pubblicate nel report della Commissione mondiale sul futuro del lavoro, Lavorare per un futuro migliore: come affrontare i cambiamenti senza precedenti e le attuali sfide nel mondo del lavoro affinché sia possibile un migliore futuro lavorativo per tutti?
Il documento, pubblicato lo scorso gennaio, esorta governi, delinea “un piano incentrato sulla persona, che si basa sugli investimenti nel potenziale umano, nelle istituzioni del mercato lavoro e nel lavoro dignitoso e sostenibile”

“I governi, i sindacati e i datori di lavoro devono collaborare per rendere più inclusive le economie e i mercati del lavoro. Tale dialogo sociale può contribuire a far funzionare la globalizzazione per tutti.”

– Stefan Löfven, Primo ministro svedese e presidente della Commissione mondiale sul futuro del lavoro

Si discuterà anche di violenza e molestie sul posto di lavoro, in vista dell’adozione di uno strumento internazionale per affrontare questa problematica che incide sulla salute, sicurezza e benessere dei lavoratori.

Il centenario si presenta come un’opportunità per riaffermare i principi e la mission dell’ILO, celebrare i risultati raggiunti, ma anche di impegni in vista del prossimo secolo di lavoro: al termine dei lavori dovrebbe essere sottoscritta una “Dichiarazione del Centenario” che stabilisca una strategia futura.

“C’è un cocktail di questioni che sta portando a una grande incertezza nel mondo del lavoro e che richiede risposte.”

Guy Ryder, direttore dell’ILO

Per approfondire la conoscenza dell’Organizzazione internazionale del lavoro, sono disponibili questo opuscolo in italiano e il sito ILO per il Centenario.

Posso entrare? un gioco di ruolo per parlare di diritti umani

Si è concluso il 3 aprile il ciclo di 4 incontri rivolti agli studenti del Liceo Rinaldini di Ancona sulle tematiche dell’integrazione, diritto d’asilo e cooperazione internazionale e organizzati da ANOLF e ISCOS Marche.

Nel corso del secondo appuntamento, ai ragazzi è stato presentato un gioco di ruolo sul tema del diritto di asilo riadattato da COMPASS: Manual for human rights education with young people realizzato dal Consiglio d’Europa. L’attività, dal titolo Posso entrare?, ha permesso ai ragazzi di entrare nei panni di un gruppo di rifugiati che cercano di fuggire in un altro paese e in quelli degli ufficiali addetti ai controlli di frontiera: un modo insolito per cercare di comprendere il punto di vista altrui, riflettere sui diritti umani e alimentare un sentimento di solidarietà universale.

Per chiunque voglia riproporlo, è possibile scaricare le istruzioni e le schede gioco.

Inserisci il tuo nome e indirizzo e-mail per il download gratuito.


Il processo a Luiz Inácio Lula da Silva a un anno dalla sua incarcerazione

Il 7 aprile 2019 sarà trascorso un anno dall’incarcerazione dell’ex-presidente del Brasile Luiz Inácio Lula da Silva.

In coincidenza con tale data il Comitato nazionale e il Comitato internazionale Lula Livre promuovono iniziative per chiedere la liberazione di Lula. In Italia l’iniziativa è anticipata il 4 aprile 2019 a Roma, alle ore 18.00 presso la sede della CGIL nazionale.

Di seguito riportiamo un promemoria della vicenda giuridica e giudiziaria che ha portato all’arresto di Lula, testo  distribuito il 16 marzo in un incontro indetto a San Paolo per promuovere la moltiplicazione dei Comitati Lula Livre (traduzione di Teresa Isenburg).

Per quale motivo ci sono tanto processi giudiziari contro Lula?

Libero, Lula sarebbe stato di nuovo eletto presidente (a ottobre 2018). I suoi nemici hanno montato una farsa giudiziaria per arrestarlo. Quanto più numerosi sono i processi, maggiore è l’impressione che “dove c’è fumo, c’è fuoco”.

Quanti processi sono stati interamente conclusi?

Nessuno. Il più avanzato si riferisce a un appartamento a Guarujá, in seconda istanza. Poi viene il processo relativo al cascinale ad Atibaia, la cui sentenza di primo grado è stata pronunciata il 6 febbraio 2019.

Se nessun processo giudiziario è stato concluso, Lula non dovrebbe essere libero?

Secondo la Costituzione (brasiliana del 1988) Lula dovrebbe potere rispondere alla giustizia in libertà.

Dal momento che la sua incarcerazione è politica, sono state create regole speciali per mantenerlo in carcere. Anche il Supremo Tribunale Federale/STF, contraddicendo decisioni precedenti, ha rifiutato l’habeas corpus/libertà personale che impedirebbe l’incarcerazione.

Ma perché Lula è stato condannato in seconda istanza?

Perché i giudici di seconda istanza del 4° Tribunale Regionale Federale hanno accettato la sentenza scritta da un giudice di prima istanza, anche se essa non presentava nessuna prova contro Lula. Lula è stato condannato per “atti indeterminati”: non è mai stato provato che l’ex presidente avesse mai favorito qualche impresa in affari con la Petrobras.

Quale era il giudice di prima istanza?

Sérgio Moro, attuale ministro della giustizia di Bolsonaro, il principale avvantaggiato dalla prigione di Lula. Bolsonaro ha vinto le elezioni solo perché a Lula fu impedito di partecipare. E a Lula è stato impedito di partecipare alle elezioni grazie a Moro, che è diventato ministro di Bolsonaro.

Se Lula abita a San Paolo (per supposte situazioni di Guarujá che si trova nello Stato di San Paolo) per quale motivo egli è giudicato da un giudice dello Stato di Paraná?

Per un’altra frode del processo. Moro era responsabile di giudicare i processi concernenti la Petrobras. Il Ministero Pubblico ha inventato un collegamento fra le procedure giudiziarie contro Lula e le accuse concernenti la Petrobras affinché Moro giudicasse l’ex presidente.

Questo collegamento esisteva o non esisteva?

Non esisteva e non è mai esistito. Chi conferma ciò è lo stesso Moro. Nella sentenza di condanna di Lula ha scritto: “Questo giudizio mai ha affermato, nella sentenza o in alcun luogo, che i valori utilizzati dalla costruttrice nei contratti con la Petrobras siano stati utilizzati per pagamento di vantaggio indebito all’ex presidente”.

Ma se lo stesso Moro ha riconosciuto che l’accusa contro Lula non coinvolgeva la Petrobras, non avrebbe dovuto trasferire il caso ad altro giudice?

Avrebbe dovuto. Se lo avesse fatto, la condanna non esisterebbe o almeno avrebbe richiesto più tempo per essere emessa. Ma loro dovevano condannare Lula rapidamente per impedire la sua candidatura nelle elezioni del 2018. Come di fatto è accaduto.

Lula ha mai ricevuto l’appartamento di Guarujá?

No. Lula non è mai stato proprietario di alcun appartamento a Guarujá. Non ha mai dormito neanche una notte in quell’appartamento.

Ma Moro ha affermato che l’appartamento era stato ristrutturato perché Lula potesse abitarci, vero?

Lo ha affermato. Un’altra manovra per condannarlo. L’equipe giornalistica della televisione UOL ha filmato l’appartamento, durante l’occupazione del MTST/Movimento dos Trabalhadores sem Teto, e ha mostrato che era una farsa inventata per pregiudicare Lula. Per questo Moro ha negato alla difesa il
diritto di produrre prove che confermavano la inesistenza della cosiddetta “ristrutturazione”.

Insomma, di chi è l’appartamento?

Secondo la documentazione del catasto, l’appartamento è della concessionaria OAS. L’impresa tra l’altro ha ipotecato l’immobile come garanzia per un prestito bancario.

Ma se le cose stanno così, in base a quali prove Moro ha condannato Lula?

Non c’è nessuna prova che Lula abbia comprato, usato, ricevuto, accettato o chiesto questo appartamento. L’unica persona che ha detto che l’appartamento era di Lula è stato proprio il presidente della OAS. Dopo essere stato condannato a 26 anni di prigione, ha cambiato la storia che raccontava da due anni e ha buttato la responsabilità sull’ex presidente Lula senza presentare alcuna prova, in cambio di una riduzione di pena.

E questa storia del cascinale di Atibaia?

È simile a quella dell’appartamento. Lula è accusato di essere stato avvantaggiato da ristrutturazioni fatte in un cascinale. Le ristrutturazioni sarebbero state fatte in cambio di supposti favori concessi a Lula.

E il cascinale è di Lula?

No. In questo caso neanche Moro ha avuto il coraggio di inventare una cosa del genere. Il cascinale è proprietà di un amico di Lula e della sua famiglia da oltre 40 anni.

Ma se il cascinale non era di Lula, e non è stato lui a ordinare la ristrutturazione, di che cosa Lula è accusato?

Di essere stato il beneficiario finale della ristrutturazione compiuta da due concessionarie, in un cascinale che non era di proprietà né sua né di nessun componente della sua famiglia.

Lula è stato condannato anche in questo processo del cascinale?

Sì. La giudice Gabriela Hardt ha praticamente copiato la sentenza relativa all’appartamento di Guarujá e il 6 febbraio 2019 ha condannato Lula a 12 anni e 11 mesi di prigione. Anche in questo caso hanno usato gli stessi procedimenti di Guarujá, soprattutto delazioni premiate.

E perché molte persone affermano che Lula è innocente?

Chi ha la pazienza di leggere i processi vede che non esistono prove per condannare Lula. Non ci sono prove perché non ci sono crimini. La Costituzione afferma che tutti sono innocenti fino a quando non ci siano prove del contrario. E nel caso di Lula non ci sono prove di colpevolezza. E non ne verranno fuori. Ed è per questo che giuristi di vaglia del mondo intero protestano contro il modo in cui vengono condotti questi processi contro l’ex presidente.

Se non esiste nessuna prova e tuttavia Lula è stato condannato, allora chi ha calpestato la legge sono stati i pubblici ministeri e i giudici?

Esattamente. È per questo che Lula è un prigioniero politico. Lula è perseguitato e incarcerato per motivi politici. I suoi nemici non sono riusciti a sconfiggere Lula elettoralmente, e allora hanno scelto un’altra strada: hanno manipolato il potere giudiziario. Adesso vogliono mantenerlo in carcere ad ogni costo, perché non possa dirigere la resistenza contro il governo Bolsonaro e le sue riforme antipopolari.

(Foto di copertina di Ricardo Stuckert)

Insieme alle lavoratrici ed ai lavoratori etiopi per migliorare le condizioni di lavoro nelle serre, nelle concerie e nelle aziende tessili dell’Oromia. Concluso a Mojo il primo Corso di formazione

29 lavoratori, di cui 15 di sesso maschile e 14 di sesso femminile, con mansioni e ruoli diversi, operai ma anche supervisori e team leader di concerie e vivai, hanno partecipato al Primo Corso di formazione su “Legge del lavoro e Contrattazione collettiva”, che si è tenuto a Mojo, nella regione etiopica dell’Oromia, dal 27 al 30 giugno 2016.

Il Corso, primo di una serie di 12 iniziative di formazione, rivolte a lavoratrici e lavoratori dei settori floricolo, tessile e della lavorazione del cuoio e del pellame si colloca all’interno del progetto “Decent work for Women Workers”, co-finanziato dall’Unione Europea e realizzato da CETU – la Confederazione etiopica dei Sindacati in collaborazione con ISCOS Marche ed ISCOS Emilia Romagna.
Il Corso, tenuto da formatori di CETU e delle Federazioni sindacali di riferimento, aveva lo scopo di:
· formare i lavoratori/trici su principi, concetti chiave e disposizioni della Legge sul lavoro 377/2003, sugli specifici contratti di settore, sui diritti riconosciuti dalla legge, sugli obblighi di lavoratori e datori di lavoro
· promuovere il Lavoro Dignitoso e la Contrattazione collettiva come strumenti per migliorare le condizioni di vita e di lavoro dei dipendenti
· promuovere la conoscenza dei propri diritti come lavoratori e come persone
· rafforzare il sindacato nelle aziende
corso mojo 2016
Nella zona di Mojo sono presenti diverse concerie ed aziende florovivaistiche, anche di grandi dimensioni: i lavoratori partecipanti al corso sono infatti impiegati in aziende che contano da 60 sino a 1.350 dipendenti.
Nonostante l’Etiopia abbia ratificato ben 22 Convenzioni dell’OIL – Organizzazione Internazionale del Lavoro, tra cui le 8 Convenzioni fondamentali, il gap esistente tra i principi ivi dichiarati, le leggi ed i regolamenti e le effettive condizioni di lavoro in azienda è profondamente ampio. In particolare le donne lavoratrici denunciano una serie di problemi comuni come discriminazioni nelle assunzioni, nelle retribuzioni, nel mantenimento del posto di lavoro, nella perdita del lavoro a causa della maternità, per non parlare dei problemi di salute causati dalla insalubrità dei luoghi in cui operano e delle molestie che subiscono.
Per contrastare le violazioni e correggere questa situazione assai diffusa nel tessuto produttivo etiopico, il progetto CETU-ISCOS prevede una serie di attività rivolte ai lavoratori/trici, ai dirigenti-quadri e delegati di CETU, agli attori del Dialogo sociale. Tra queste, appunto, 12 Corsi di formazione su Legge del Lavoro/ Lavoro Decente e Contrattazione Collettiva, Salute e Sicurezza nel lavoro, promozione delle Politiche di Genere.
corso mojo 2016 2
Oltre ai Corsi, il progetto prevede una Ricerca sulle reali condizioni di lavoro delle donne lavoratrici in una ventina di aziende del settore agricolo e tessile, Giornate di formazione per i quadri sindacali di 3 Regioni su Lavoro Decente, Politiche di Genere e Salute e Sicurezza nel Lavoro, Assemblee aziendali sugli stessi temi, ed istituzione di Tavoli di contrattazione e concertazione a livello aziendale.
I risultati ottenuti nel Corso di Mojo sono incoraggianti: dalla elaborazione/ riscontro dei questionari di autovalutazione compilati dai partecipanti chiamati ad esprimere un voto compreso tra 1 e 4 in merito a contenuti del corso, metodologia , scelta pedagogica, aspetti logistici, gestionali ed organizzativi, è risultato un valore medio pari a 3,7: un buon viatico per continuare con determinazione ed entusiasmo l’azione intrapresa.