Le soutien de la société civile marocaine aux groupes les plus vulnérable pendant l’urgence sanitaire contre le Covid-19.

L’expérience de l’Association Tahadi de Casablanca.

La propagation de Covid-19 apporte de nombreux problèmes sociaux qui affectent la population, les femmes, les jeunes, les groupes les plus vulnérables. L’exemple des femmes victimes de violence domestique est flagrant.

“Avec 90 pays en confinement, quatre milliards de personnes sont appelées aujourd’hui à rester chez elles pour se protéger contre la contagion mondiale du Covid-19. Mais cette mesure de protection cache un autre danger mortel. Nous voyons se développer une pandémie fantôme, celle de la violence à l’égard des femmes. [..] Le confinement exacerbe les tensions et le stress créés par les soucis de sécurité, de santé et d’argent. Il renforce par ailleurs l’isolement des femmes ayant un partenaire violent et les sépare des personnes et des ressources les plus à même de les aider. C’est la tempête idéale pour laisser libre cours aux comportements violents et dominateurs derrière les portes closes.” (Déclaration de Phumzile Mlambo-Ngcuka, Directrice exécutive d’ONU Femmes, lundi 6 avril 2020).

Aussi au Maroc, la société civile se mobilise pour apporter une réponse à certains de ces problèmes.

En ces temps d’isolement social, nous avons pensé vous offrir un aperçu de cet engagement et des efforts mis en place par les professionnels et les opérateurs de services, les bénévoles, mais aussi les simples citoyens et citoyennes, les acteurs du monde économique et les responsables des institutions. Nous avons choisi Casablanca principalement parce que, depuis le début de la pandémie, c’est la ville la plus touchée par le virus (avec plus de 900 cas dans la Région de Casablanca-Settat au 22 Avril 2020, Source Ministère de la Santé du Maroc). Mais il y a aussi une autre raison. Dans la ville se reflètent toute la complexité, la richesse et les problématiques d’une société en transition.

Bouchra Abdou

Plusieurs éléments de réflexion émergent en fait de notre rencontre virtuel avec Bouchra Abdou, Directrice de l’Association Tahadi pour l’Egalité et la Citoyenneté.

Comment protéger tous les citoyens et toutes les citoyennes contre les risques liés à la propagation du coronavirus? Comment limiter l’impact des inégalités préexistantes sur les possibilités pour tous et toutes de jouir pleinement des droits à la santé, à la sécurité, à la protection sociale, ..? Et enfin, comment faire en sorte que les mesures que nous allons mettre en place pour réduire le risque de contagion n’aient pas de conséquences négatives sur ceux qui vivent déjà dans une condition de vulnérabilité ?

Bonne lecture.

Basée à Casablanca, l’Association Tahadi est connotée par un fort ancrage territorial. Pourriez-vous nous raconter en quelque mot votre histoire dans ce territoire caractérisé par des dynamiques socio-économiques et culturelles extrêmement complexes?

Dès sa création, l’Association Tahadi a eu une vocation d’Association de quartier, plus précisément du quartier de Derb Ghallef, qualifié comme l’une des zones les plus « chaudes » de Casablanca, regorgeant de calamités sociales de toute sorte: pauvreté extrême, agressions et criminalité, violence de genre, ignorance, délinquance, prostitution, extrémisme, trafic de stupéfiant, déperdition scolaire… 

L’Association a été constituée en 2003 par un groupe de jeunes refusant de rester indifférents face à une situation tellement critique et mus par une volonté de voir les choses s’améliorer. Au départ, guidé par le souci de maintenir la viabilité sociale, faire du quartier un endroit digne d’êtres humains, et améliorer la qualité de vie des habitants, l’Association Tahadi était essentiellement de vocation environnementale.
Cependant le caractère dynamique du travail de proximité (attribut distinctif de l’Association) et l’interaction ininterrompue entre les besoins croissants de la population et les services offerts, ont été à l’origine de sa nouvelle vision au développement. L’Association a procédé donc à l’élargissement de sa mission et à la diversification de ses domaines d’action pour devenir l’Association Tahadi pour l’Egalité et la Citoyenneté (ATEC).

Actuellement l’ATEC joue un rôle primordial dans la vie quotidienne de la population de Casablanca, son local est devenu une infrastructure essentielle dans le quartier comme tout autre établissement public (école, dispensaire,…) où les habitants viennent régulièrement chercher des solutions à leurs problèmes, des réponses à leurs soucis.

Le travail que l’ATEC accompli dans le quartier de Derb Ghallef constitue une contribution à l’établissement des bases d’une société démocratique, moderne et tolérante, où priment les valeurs humaines et universelles de liberté, d’égalité et de citoyenneté.
« Agir dans mon quartier pour bâtir ma société» est de ce fait un slogan central dans le travail de l’ATEC et dans un tel contexte la population entière constitue notre cible. Cependant, l’ATEC rapproche les problèmes de la population, leur identification ainsi que les programmes qui en découlent à partir d’une perspective de droit, de genre social et selon une approche participative. Actuellement, les services du centre sont sollicités principalement par:

DES FEMMES:
victimes de violence, bénéficiaires des services d’écoute, orientation, soutien juridique et psychologique ;
démunies, analphabètes et/ou au chômage, qui désirent apprendre à lire et à écrire, développer des compétences pour devenir autonomes ou encore qui viennent solliciter de l’aide sociale, loyer, médicament, vêtements et aussi des ovins pour la fête de l’Aid;
mamans célibataires, qui demandent notre soutien pour l’enregistrement de leurs enfants dans les registres de l’Etat civil.

DES ENFANTS ET DES JEUNES:
qui nécessitent des services d’écoute et de soutien psychologique. A ce propos, l’ATEC organise régulièrement des séances d’écoute en faveur des élèves dans les établissements scolaires du quartier, tandis que les cas qui nécessitent d’un suivi plus rigoureux, sont souvent transférés vers le centre;
qui cherchent des opportunités de formation, accompagnement et d’insertion professionnelle et/ou qui désirent apprendre des langues étrangères (dans ce dernier cas, les cours de langues sont assurés en collaboration avec des bénévoles étrangers);
qui sollicitent des cours de soutien scolaire (en effet l’ATEC œuvre depuis des années contre la déperdition scolaire dans les milieux précaires);
qui cherchent tout simplement à participer dans les diverses activités de divertissement organisées par l’Association.

Au Maroc, la région de Casablanca-Settat compte le nombre le plus important de personnes infectées par le Covid-19. Pourriez-vous décrire brièvement la réponse des habitants de Casablanca vis-à-vis des impositions et de limitations ayant pour objectif celui de réduire le risque de diffusion du Covid-19?    

Il faut reconnaitre que, dans ce contexte de diffusion de la pandémie aussi dans le Royaume du Maroc, l’Etat et le Gouvernement ont fait preuve d’un engagement dynamique remarquable, en prenant les devants et en mettant en place une panoplie de mesures proactives. Mais malheureusement les données socioculturelles et économiques ne les ont pas beaucoup servit. La société marocaine, qui prête souvent foi à la superstition et aux interprétations mythiques et accorde fréquemment du crédit aux rumeurs et aux commérages, n’a pas toujours pris au sérieux la pandémie et ses dangers. Par conséquent, la réponse de la population n’a pas été toujours comme on l’espérait.  De même, le tissu économique marocain (constitué en grosse partie d’activités informelles) a eu du mal à s’adapter au confinement, dans l’absence pour les familles de toute possibilité d’indemnisation. N.B. environ un mois après la déclaration de l’état d’urgence sanitaire, le Gouvernement a décidé indemniser certaines familles affectées par le confinement, mais nous ici, on parle de tout un mois qui s’est écoulé sans aucune indemnisation. De plus, l’allocation pour chaque famille est nettement inférieure aux gagnes potentiels qui ont été perdus.

La nécessité de limiter la diffusion du virus, l’exigence de respecter le confinement et les autres limitations justement imposées par les Autorités, l’urgence de protéger la santé des collaborateurs, professionnels et volontaires… Comment avez-vous du changer vos procédures de prise en charge ainsi que la manière de répondre aux besoins de vos bénéficiaires?

Comme tout autre acteur national ou résidant, l’ATEC n’a pas hésité à se conformer aux décisions étatiques visant à enrayer la propagation de la pandémie du Covid-19. Aussi, dans un premier temps, l’ATEC a suspendu toutes les activités collectives et celles susceptibles de recueillir une participation massive, tout en préservant les services quotidiens rendus dans le cadre du centre d’écoute et d’orientation juridique, ainsi que les actions à participation très limitée, en respectant, bien entendu, les mesures générales de prévention et d’hygiène (utilisation des masques, des gants, des produits de désinfection…). Mais avec l’adoption de l’état d’urgence sanitaire le 20 mars 2020, l’ATEC a dû revoir la totalité de son mode de fonctionnement en optant essentiellement pour le télétravail et en inaugurant un grand chantier de réflexion et de concertation (en interne et vis-à-vis des partenaires) dans le but de trouver les combinaisons capables d’assurer une certaine continuité de ses actions tout en respectant les contraintes de la nouvelle situation.
Au niveau local, on a un agent de quartier qui travaille à plein temps et qui œuvre en coordination avec une équipe de bénévoles éparpillés dans diverses zones du quartier pour prospecter et détecter les problèmes. L’agent de quartier est en contact permanent et direct avec la population. En dehors du quartier, l’ATEC bénéficie de la collaboration d’un large réseau d’Associations plantées sur tout le territoire casablancais et même au niveau national et international, qui nous transfèrent des cas susceptibles de bénéficier de nos services. D’autres cas nous sont, souvent, transférés par certains services de l’Etat, qui nous connaissent à travers le travail quotidien ou avec lesquels on a des partenariats officiels (Cellule de violence attachée au tribunal, ou celle attachée aux services de la sureté nationale, l’entraide nationale,…). Des cas nous parviennent, également, à travers notre page Facebook et via le téléphone. Les accompagnements juridiques ou sanitaires sont suspendus, pendant la période du confinement, mais on ils vont être repris immédiatement après la fin de cette période.

Sur la base de votre expérience directe avec les femmes de Derb Ghallef, quelles sont vos inquiétudes pour le futur?

Les obstacles auxquels se confrontent aujourd’hui les femmes du Maroc dans leur parcours vers l’égalité de genre sont encore nombreux, d’ordre culturel et économique, en plus des obstacles liés au manque d’instruction et de formation, à l’ignorance et d’analphabétisme. L’absence de prise en charge durant la phase transitoire qui sépare le moment où la femme prend la décision d’être autonome et le moment où elle devient effectivement capable de se prendre en charge, joue un rôle crucial. Durant tout ce stade la femme doit subvenir à ses besoins et à ceux de ses enfants, sans considérer tous les efforts liés à la nécessité de se former, d’apprendre, de trouver un emploi ou de lancer sa propre activité entrepreneuriale. En pensant à ces difficultés, plusieurs femmes sont découragées et renoncent prématurément à prendre cette voie. En plus, les femmes (en particulier celles en difficultés), trouvent du mal à répandre aux conditions souvent jugées excessives pour accéder à différentes sources de financement, tandis que une économie souvent rigide les pousse à opter pour des activités à faible valeur ajoutée (petits commerces, petits métiers, ouvrières avec des tâches déterminées…) et à très faibles revenus. Concernant la diffusion du Covid-19, nous sommes sans doute inquiets pour le sort des milliers de femmes qui sont aujourd’hui condamnées à rester coincées devant leurs agresseurs réels ou potentiels. Malgré les avancées considérables enregistrées au cours des dernières années aussi au niveau des perceptions, il y a encore, ici au Maroc, une misogynie étroitement liée à une société masculine qui n’hésite pas à se servir de la religion, des coutumes, de l’histoire, de la morale pour signaler son hostilité aux femmes. Une misogynie qui se manifeste et qui s’exprime chaque fois que la crise économique s’intensifie, que la pauvreté s’aggrave, que le chômage est exacerbé et que le sentiment de faiblesse, de désespoir et d’amertume qui en découle empire. L’interprétation misogyne, considère que le fait que les femmes ont quitté leur foyer et ont conquis le domaine du travail est à l’origine de cette souffrance. Cette thèse poursuit son analyse pour arriver à la conclusion que dans l’absence d’une réaction humaine pour redresser la situation, c’est à la volonté divine de s’imposer. Le châtiment divin se manifeste tantôt par une carence des pluies qui entraine de la sécheresse, tantôt par d’autres catastrophes naturelles. Pour ces personnes, le coronavirus est expression du refus de Dieu de la sortie des femmes à l’espace publique et «la fornication et l’adultère» qui l’a accompagné.

Pourriez-vous nous aider à mieux comprendre le travail que vous faites pour protéger les femmes victimes de violences domestiques dans la situation actuelle?

En période de confinement, les femmes victimes de violence domestique sont obligées de cohabiter sous le même toit avec leurs agresseurs, avec des risques énormes pour leur intégrité psychologique et physique. Cela a constitué une préoccupation majeure au sein de l’ATEC depuis la déclaration de l’état d’urgence sanitaire, en particulier pour ces femmes contraintes par la pauvreté et l’indigence, en l’absence de toute autre alternative.
Un ensemble de mesures ont été prises par l’Association à cet égard. D’abord un communiqué de presse a été publié pour attirer l’attention de l’opinion publique et pour appeler les décideurs politiques à leurs responsabilités.

En guise de recommandations visant l’adaptation de nos actions au nouveau contexte, l’Association a mis à la disposition de ses femmes des numéros pour l’écoute et le soutien psychologique à distance. D’une autre coté, et en coordination avec nos partenaires sociaux à savoir la Direction Régionale de l’Entraide Nationale et la Division de l’Action Sociale de la Préfecture des Arrondissements Casablanca-Anfa, l’ATEC a procédé à l’aménagement d’un espace au sein du centre d’hébergement provisoire de Derb Ghallef (voir plus bas, ndr) pour abriter le cas échéant, cette catégorie de femmes. Malheureusement, nous ne disposons pas encore de dispositifs légaux auxquels s’appuyer afin de protéger ces femmes pendant la période de confinement. A ce niveau, il faut dire que c’est surtout la société civile qui est très active et qui essaye, avec ses moyens limités, de combler ce vide.

Le Covid-19 touche donc de manière significative les plus vulnérables.  Les mesures adoptées pour limiter la diffusion de la pandémie demandent à nous tous et toutes une discipline rigide qui n’est pas à la portée de tout le monde (ex. les sans-abri). Quels types d’actions avez-vous mis en place pour protéger ces groups plus exposés aux risques d’infection?

Fidèle à son identité d’organisation de défense des droits humains, agissant dans le domaine de proximité, et se positionnant toujours au cœur des préoccupations et soucis de la population, l’ATEC a été contrainte de changer de cap, et s’engouffrer dans toute dynamique visant à garantir les droits des plus vulnérables.
Ça a été fait à travers un certain nombre d’initiatives: les campagnes de conscientisation et de sensibilisation, les tournées du porte-à-porte, les tournées  haut-parleurs dans  la plupart des rues et ruelles du quartier de Derb Ghallef, la distribution des paniers de denrées alimentaires aux familles nécessiteuses, la distribution les produits de désinfection, le paiement du loyer pour certaines mères célibataires et femmes en situation difficile dans le quartier.

D’autre part, en partenariat avec la Direction Régionale de l’Entraide Nationale et la Division de l’Action Sociale de la Préfecture des Arrondissements Casablanca-Anfa, l’ATEC a contribué à la création, de toute urgence, d’un centre d’hébergement provisoire dans l’enceinte de la Maison des Jeunes Derb Gallef, pour loger des personnes sans-abri ou sans domicile fixe (SDF) qui, compte tenu de leur situation, sont susceptibles d’être plus vulnérables à cette épidémie meurtrière.
Dans la réalisation de toutes ses actions, l’ATEC a également bénéficié du soutien de plusieurs bienfaiteurs, Associations amies, simples citoyens et citoyennes mais aussi quelques acteurs du monde économique. Pour vous donner quelques exemples, le restaurant La Flèche offre régulièrement des repas gratuits pour environ trente personnes et nous a financé 16 paniers de denrées alimentaires pour les familles du quartier. L’Hôtel Idou Anfa nous a offerts une quarantaine de serviettes. Enfin, aussi le McDonald’s local a manifesté, depuis le départ de l’opération d’hébergement, sa disponibilité à nous envoyer des repas, dès qu’on en aura besoin.

Le témoignage de Bouchra et de l’Association Tahadi nous laisse inquiets mais aussi confiants. Inquiets pour les nombreux défis, pour les problématiques énormes encore à résoudre.. Inquiets car le chemin est encore long avant d’arriver à briser les inégalités et garantir à tous et toutes les mêmes droits et le même degré d’autonomie (de choix et d’action). Et pas seulement au Maroc. Mais confiants, oui, car les témoignages comme celui de Bouchra nous rappellent que les efforts se multiplient partout dans le monde, que la société civile est active et que les gens prennent conscience de leur être citoyens et citoyennes « à partie entière », porteurs de droits et de devoirs, tout en favorisant un développement à la fois équitable et durable.

Isabella Panfili, Coordinatrice projets Iscos Marche au Maroc

Il sostegno della società civile marocchina alle fasce più deboli della popolazione durante l’emergenza per il Covid-19.

L’esperienza dell’Associazione Tahadi di Casablanca.

La diffusione del Covid-19 porta con sé numerosi problemi di carattere sociale che colpiscono le fasce più deboli della popolazione: donne, gruppi vulnerabili e giovani.
L’esempio delle donne vittime di violenza domestica in tutto il mondo è lampante.

Quattro miliardi di persone sono chiamate oggi a restare a casa per proteggersi dalla pandemia mondiale di Covid-19. Ma questa misura di protezione nasconde un altro pericolo mortale. Vediamo diffondersi un’epidemia fantasma, quella della violenza sulle donne [..] Il confinamento esaspera le tensioni e lo stress creati dal bisogno di sicurezza, di salute e di denaro, rinforzando l’isolamento delle donne con un partner violento e separandole dalle persone e dalle risorse capaci di fornire un aiuto. E’ la tempesta ideale per lasciare libero corso ai comportamenti violenti e dominatori, dietro le porte chiuse.
(Phumzile Mlambo-Ngcuka, Direttore Esecutivo UN Women, lunedi 06 Aprile 2020)

Anche in Marocco, la società civile si mobilita per offrire una risposta ad alcuni di questi problemi.

Abbiamo pertanto pensato di offrirvi uno spaccato di questo impegno che viene “dal basso”, di una solidarietà che vede fianco a fianco professionisti e operatori dei servizi, volontari, ma anche semplici cittadini e cittadine, attori del mondo economico e responsabili delle Istituzioni. Abbiamo scelto Casablanca, principalmente perchè dall’esplosione della pandemia, la Regione di Casablanca-Settat è stata la più colpita dal virus, con più di 900 casi al 22 Aprile 2020 (Fonte: Ministero della Salute del Marocco). Ma c’è anche un’altra ragione. Nella città di Casablanca, megalopoli con più di 4 milioni di abitanti, si riflettono in maniera unica tutta la complessità, la ricchezza e le problematiche di una società in transizione.

Bouchra Abdou

Dal nostro incontro virtuale con Bouchra Abdou, Direttrice dell’Associazione Tahadi per l’Uguaglianza e la Cittadinanza, emergono diversi elementi di riflessione.

Come proteggere tutti i cittadini e le cittadine dai rischi connessi alla diffusione del virus? Come limitare l’impatto delle diseguaglianze preesistenti sulle possibilità per ciascuno e ciascuna di godere a pieno titolo dei propri diritti alla salute, alla sicurezza, alla protezione sociale? E, per finire, come far si che le misure che andiamo ad attuare per ridurre i rischi di contagio non abbiano conseguenze negative su chi vive già in una condizione di vulnerabilità?

Buona lettura!

Con sede a Casablanca, l’Associazione Tahadi è connotata da un forte radicamento territoriale. Potresti raccontarci in poche parole la vostra storia in questo contesto caratterizzato da dinamiche socio-economiche e culturali estremamente complesse?

Sin dalla sua creazione, l’Associazione Tahadi ha avuto una vocazione di associazione di quartiere, più precisamente del distretto di Derb Ghallef, qualificato come una delle zone più “calde” di Casablanca, densa di problematiche sociali di ogni tipo: povertà estrema, aggressioni e criminalità, violenza di genere, ignoranza, delinquenza, prostituzione, estremismo, traffico di droga, abbandono scolastico…

L’Associazione è stata costituita nel 2003 da un gruppo di giovani che si rifiutavano di rimanere indifferenti di fronte a una situazione così critica, spinti dal desiderio di vedere migliorare le cose. Nelle sue fasi iniziali, guidata da un principio di “sostenibilità sociale”, dalla preoccupazione di rendere il quartiere un luogo più vivibile e di migliorare la qualità della vita dei suoi abitanti, l’Associazione Tahadi ha avuto essenzialmente una vocazione ambientale.
Tuttavia, la natura dinamica del lavoro di prossimità (un attributo distintivo dell’Associazione) e l’interazione ininterrotta tra le crescenti esigenze della popolazione e i servizi offerti, sono stati all’origine della nuova visione dell’Associazione, che ha quindi ampliato la sua missione e diversificato i suoi campi d’azione per diventare Associazione Tahadi per l’Uguaglianza e la Cittadinanza (ATEC).

Attualmente l’ATEC svolge un ruolo chiave nella vita quotidiana degli abitanti di Casablanca, i suoi locali sono diventati un’infrastruttura essenziale nel quartiere come qualsiasi altra istituzione pubblica (scuola, dispensario,…) dove gli abitanti vengono regolarmente a cercare soluzioni per i loro problemi e risposte alle loro preoccupazioni.

Il lavoro svolto dall’ATEC nel distretto di Derb Ghallef vuole essere inteso come un contributo per la creazione delle basi di una società democratica, moderna e tollerante, in cui i valori umani e universali di libertà, uguaglianza e cittadinanza hanno la precedenza.
“Agire nel mio vicinato per costruire la mia società” è quindi uno slogan centrale nel lavoro dell’ATEC e in questo contesto l’intera popolazione è il nostro obiettivo. Guidati da un approccio partecipativo ai problemi della popolazione (affrontati in prospettiva legale, sociale e di genere), i servizi del centro sono richiesti principalmente da:

DONNE:
• vittime di violenza, beneficiarie di servizi di ascolto, orientamento, supporto legale e psicologico;
• povere, analfabete e/o disoccupate che vogliono imparare a leggere e scrivere, sviluppare competenze per diventare autonome ma anche donne che vengono a cercare assistenza sociale, abitativa, medicine, vestiti e persino il montone per la festa musulmana dell’Eid;
• madri single, che chiedono il nostro sostegno per la registrazione dei loro figli all’anagrafe.

BAMBINI E GIOVANI:
• bisognosi di servizi di ascolto e supporto psicologico. A questo proposito, ATEC organizza regolarmente nelle scuole locali delle sessioni di ascolto per gli studenti, mentre i casi che richiedono un follow-up più rigoroso vengono trasferiti al centro;
• che sono alla ricerca di opportunità di formazione, supporto e inserimento professionale e/o che desiderano imparare le lingue straniere (in quest’ultimo caso, i corsi di lingua sono offerti in collaborazione con volontari stranieri);
• che necessitano di sostegno allo studio (a riguardo, ATEC lavora da anni contro l’abbandono scolastico in ambienti precari);
• che desiderano semplicemente partecipare alle attività di svago e socializzazione organizzate dall’Associazione.

In Marocco, la regione di Casablanca-Settat registra il maggior numero di persone infette da Covid-19. Potresti descrivere brevemente la risposta degli abitanti di Casablanca alle limitazioni volte a ridurre il rischio di diffusione del virus?

Bisogna riconoscere che, nel contesto della diffusione della pandemia anche nel Regno del Marocco, lo Stato e il Governo hanno dato prova di un notevole impegno dinamico, attuando da subito una serie di misure proattive importanti. Sfortunatamente però, i dati socio-culturali ed economici non li hanno sempre aiutati. Spesso la società marocchina non ha preso sul serio la pandemia e i rischi ad essa connessi, anche in virtù di una ancora diffusa tendenza a dare credito a superstizioni e interpretazioni mitiche nonché a voci e pettegolezzi. Di conseguenza, la reazione della popolazione non ha sempre corrisposto alle attese. Allo stesso modo, il tessuto economico marocchino (costituito in gran parte da attività informali) ha faticato ad adattarsi al confinamento, soprattutto a causa dell’assenza di indennità e altri meccanismi di protezione. N.B. circa un mese dopo la dichiarazione dello stato di emergenza sanitaria, il governo ha deciso di risarcire alcune famiglie colpite dal confinamento, ma qui stiamo parlando di un mese intero che è passato senza alcun risarcimento. Inoltre, l’indennità per ciascuna famiglia è significativamente inferiore ai potenziali guadagni che sono stati persi.

La necessità di limitare la diffusione del virus, l’obbligo di rispettare il confinamento e le altre limitazioni imposte dalle autorità, l’urgenza di proteggere la salute di dipendenti, professionisti e volontari … Come sono cambiate le vostre procedure di presa in carico e come riuscite ad oggi a venire incontro ai bisogni dei vostri beneficiari?

Come qualsiasi altro attore nazionale o residente, l’ATEC non ha esitato a conformarsi alle decisioni statali volte ad arginare la diffusione della pandemia di Covid-19. Inizialmente, abbiamo dunque sospeso tutte le attività collettive e quelle per le quali era prevista una partecipazione numerosa, mantenendo i servizi quotidiani resi nell’ambito del centro di ascolto e di orientamento legale, nonché le azioni con una partecipazione molto limitata, e rispettando, ovviamente, le misure generali di prevenzione e igiene (uso di mascherine, guanti, prodotti per la disinfezione …). Ma con l’adozione dello stato di emergenza sanitaria il 20 marzo 2020, abbiamo dovuto rivedere tutti i nostri metodi operativi, optando essenzialmente per il telelavoro e inaugurando un importante cantiere di riflessione e consultazione (interno e nei confronti dei partner) al fine di trovare le soluzioni in grado di garantire la continuità delle nostre azioni nel rispetto dei vincoli della nuova situazione.
A livello locale, al momento, abbiamo un agente di quartiere che lavora a tempo pieno in coordinamento con un team di volontari sparsi in varie aree del territorio per identificare le problematiche esistenti. L’agente di quartiere è in contatto permanente e diretto con la popolazione. Al di fuori dell’ambito strettamente locale, l’ATEC beneficia della collaborazione di una vasta rete di Associazioni dislocate su tutto il territorio di Casablanca nonché a livello nazionale e internazionale, che trasferiscono casi che potrebbero beneficiare dei nostri servizi. Altri casi vengono spesso trasferiti a noi dai servizi statali, che ci conoscono attraverso il lavoro quotidiano o con i quali abbiamo partenariati ufficiali (Cellule antiviolenza collegate al tribunale e ai servizi di sicurezza e mutua assistenza,…). Alcuni casi giungono a noi anche attraverso la nostra pagina Facebook e tramite telefono. Il supporto legale o sanitario resterà sospeso durante il confinamento, ma riprenderà immediatamente dopo la fine di questo periodo.

Sulla base della vostra esperienza diretta con le donne di Derb Ghallef, quali sono le vostre preoccupazioni principali in questo momento?

Gli ostacoli che devono affrontare le donne in Marocco oggi nel loro cammino verso la parità di genere sono ancora numerosi, di ordine culturale ed economico, oltre agli ostacoli legati alla mancanza di istruzione e formazione, all’ignoranza e all’analfabetismo. L’assenza di supporto durante la fase di transizione che separa il momento in cui la donna prende la decisione di essere indipendente e il momento in cui diventa effettivamente  capace di farsi carico di se stessa, gioca un ruolo cruciale. Durante questa fase, la donna deve sostenere se stessa e i suoi figli, senza considerare tutti gli sforzi legati alla necessità di formarsi, apprendere, trovare un lavoro o avviare la propria attività imprenditoriale. Pensando a queste difficoltà, molte donne si scoraggiano e rinunciano prematuramente a prendere questa strada. Inoltre, le donne (specialmente quelle in condizione di particolare vulnerabilità) riscontrano evidentemente delle difficoltà ad accedere ad opportunità di finanziamento (le cui condizioni sono peraltro spesso considerate eccessive), mentre un’economia spesso rigida le spinge a optare per attività a basso valore aggiunto (piccoli commerci, mansioni saltuarie,…) e a reddito molto basso. Per quanto riguarda la diffusione del Covid-19, siamo senza dubbio preoccupati per il destino delle migliaia di donne che oggi sono condannate a restare rinchiuse in casa insieme ai loro reali o potenziali aggressori. Nonostante i notevoli progressi registrati negli ultimi anni anche a livello di attitudini e percezioni, persiste in Marocco una misoginia strettamente legata a una società maschilista che non esita a usare la religione, i costumi, la storia e la morale per segnalare la sua ostilità alle donne. Una misoginia che si manifesta e che si esprime ogni volta che la crisi economica si aggrava, che la povertà peggiora, la disoccupazione aumenta e i sentimenti di debolezza, disperazione e amarezza che ne derivano si esasperano. L’interpretazione misogina ritiene che il fatto che le donne abbiano lasciato le loro case e siano entrate nel mondo del lavoro sia la causa di questa sofferenza. Questa tesi continua la sua analisi per giungere alla conclusione che, in assenza di una reazione umana per rettificare la situazione, è la volontà divina ad imporsi. La punizione divina si manifesta a volte per mancanza di pioggia che porta alla siccità, a volte per altri disastri naturali. Per queste persone, il coronavirus è un’espressione del rifiuto di Dio verso l’uscita delle donne nello spazio pubblico nonché verso “la fornicazione e l’adulterio” che l’hanno accompagnata.

Potresti aiutarci a capire meglio il lavoro che state portando avanti per proteggere le donne vittime di violenza domestica nella situazione attuale?

Durante il confinamento, le donne vittime di violenza domestica sono costrette a convivere sotto lo stesso tetto con i loro aggressori, con enormi rischi per la loro integrità psicologica e fisica. Questa è stata una delle principali preoccupazioni dell’ATEC dalla dichiarazione dello stato di emergenza sanitaria, in particolare per le donne più colpite dalla povertà e dalla miseria, totalmente sprovviste di alternative.
L’Associazione ha pertanto adottato una serie di misure specifiche. In primo luogo, è stato rilasciato un comunicato stampa per attirare l’attenzione dell’opinione pubblica e richiamare i decisori politici alle loro responsabilità.

L’Associazione ha pertanto messo a disposizione delle beneficiarie attuali e potenziali i numeri di telefono per l’ascolto e il supporto psicologico a distanza. In coordinamento con l’Entraide Nationale (i nostri Servizi Sociali, ndr) e la Prefettura di Casablanca-Anfa, l’ATEC ha provveduto a riservare uno spazio all’interno del centro abitativo temporaneo recentemente creato all’interno della Casa dei Giovani di Derb Ghallef (vedi sotto, ndr) per ospitare, laddove necessario, questa categoria di donne. Sfortunatamente, non abbiamo ancora meccanismi legali su cui fare affidamento per proteggere queste donne durante il periodo di confinamento. A riguardo, bisogna dire che, in questo momento, è soprattutto la società civile ad essere molto attiva e che sta cercando, con i suoi mezzi limitati, di colmare il vuoto normativo.

Il Covid-19 colpisce in modo significativo i più vulnerabili. Le misure adottate per limitare la diffusione della pandemia richiedono a tutti noi una rigida disciplina che non sempre è alla portata di tutti (ad esempio le persone senza fissa dimora). Quali tipi di azioni avete intrapreso per proteggere questi gruppi che sono più esposti al rischio di infezione?

Fedele alla sua identità di organizzazione per la difesa dei diritti umani attiva a livello locale, che pone al centro della sua mission i bisogni della popolazione, l’ATEC si è affrettata a rispondere alle nuove esigenze e problematiche del territorio al fine di garantire i diritti dei più vulnerabili. Sono state pertanto messe in campo una serie di iniziative di informazione: campagne di sensibilizzazione, tour porta a porta nelle strade e nei vicoli del quartiere Derb Ghallef, distribuzione di alimenti per le famiglie più bisognose, distribuzione di prodotti per la disinfezione, pagamento dell’affitto per alcune madri e donne single del quartiere in circostanze particolarmente difficili.

D’altro canto, in collaborazione con i Servizi Sociali e la Prefettura di Casablanca-Anfa, l’ATEC ha contribuito alla creazione, con urgenza, dello spazio abitativo temporaneo all’interno della Centro Giovanile di Derb Ghallef, per ospitare le persone senza fissa dimora che, data la loro particolare situazione, sono più esposte al rischio di contrarre il virus.
Nello svolgimento di tutte le sue azioni, ATEC ha anche beneficiato del sostegno di numerosi benefattori, associazioni amiche, semplici cittadini ma anche alcuni attori del mondo economico. Rispetto a questi ultimi, il ristorante La Flèche offre regolarmente pasti gratuiti per una trentina di persone e ha finanziato 16 panieri per le famiglie del quartiere. L’Idou Anfa Hotel ha donato quaranta asciugamani. Infine, anche il McDonald’s locale ha dimostrato, sin dall’inizio dell’operazione di sostegno abitativo, la sua disponibilità a inviarci i pasti, non appena ne avremo bisogno.

La testimonianza di Bouchra e dell’Associazione Tahadi ci lascia forse un po’ inquieti ma anche fiduciosi. Inquieti per le tante sfide, per i problemi ancora da risolvere, perché il cammino è lungo prima di arrivare ad abbattere le diseguaglianze e garantire a tutti e tutte pieni diritti e autonomia di scelta e di azione. E non solo in Marocco. Ma fiduciosi, sì, perché le testimonianze come questa ci ricordano che ovunque nel mondo gli sforzi si moltiplicano, che la società civile è attiva e che gli uomini e le donne del mondo stanno acquisendo consapevolezza del loro essere cittadini e cittadine “a parte intera”, portatori di diritti e doveri, condizione indispensabile per uno sviluppo globale equo e sostenibile.

Isabella Panfili, Coordinatrice progetti Iscos Marche in Marocco

In Marocco, il virus non è solo una questione sanitaria

Sono 1.113 i casi confermati di coronavirus in Marocco alle ore 13:00 del 06 Aprile 2020. 71 i decessi, 76 i guariti, 3954 i casi esclusi in seguito a tampone.

La decisione del Governo marocchino di chiudere tutti gli aeroporti a partire dal 20 Marzo, dichiarando lo stato di urgenza sanitaria e applicando immediatamente le misure di contenimento, si è dimostrata la scelta più giusta, in un paese il cui sistema sanitario soffre di mancanze strutturali tali da non poter in alcun caso reggere la sfida di una epidemia delle stesse proporzioni di quella che sta colpendo Europa e Stati Uniti.

Al di là dei dati specifici (regolarmente aggiornati dalle autorità competenti per cui se interessati ad un monitoraggio in diretta vi consiglio di consultare il sito ufficiale del Ministero della Salute marocchino), vorrei usare questo spazio per una riflessione su alcuni elementi di criticità che la diffusione del COVID-19 sta portando alla luce, scoprendo vulnerabilità e elementi importanti di sottosviluppo di cui ancora soffre il paese, nonostante i grandi passi avanti degli ultimi anni. In primis, come già dicevamo, l’incapacità delle strutture ospedaliere pubbliche di rispondere al bisogno di salute dei cittadini, per l’obsolescenza dei locali e delle infrastrutture, per la diffusa mancanza di attrezzature e dispositivi di protezione, per la carenza di personale qualificato e infine per la frequente difficoltà di reperire medicinali che vadano oltre l’ordinario. Aggiungiamo a questo la mancanza di un welfare esteso e di meccanismi condivisi per la protezione dei cittadini e dei lavoratori, in un contesto di forti diseguaglianze interne, sia di tipo orizzontale (tra “ricchi” e “poveri”) che verticali (tra urbano e rurale, ma anche tra Nord e Sud del Paese).

Per quanto riguarda le misure prettamente sanitarie, 2 miliardi di dirhams (circa 190 milioni di euro) sono stati allocati dal Fondo Speciale per la lotta alla pandemia da Coronavirus creato da Sua Maestà il Re Mohammed VI per la riqualificazione del sistema sanitario pubblico, con l’identificazione di strutture su tutto il territorio nazionale specializzate per la presa in carico terapeutica di casi di COVID-19. Anche le strutture private sono state chiamate dal governo a contribuire in caso di bisogno, qualora la situazione per il pubblico dovesse in futuro divenire ingestibile. Importante è stato inoltre il coinvolgimento dell’esercito, degli ospedali e della medicina militare nella gestione delle operazioni di prevenzione e messa in quarantena ma anche di presa in carico e cura dei casi di contagio.

Nelle sue fasi iniziali, l’epidemia di COVID-19 in Marocco sembrava riguardare in via esclusiva Europei venuti in viaggio (per piacere o per lavoro) oppure marocchini “di ritorno”. La spirale si è poi ovviamente allargata, andando a toccare anche i residenti, che costituiscono ormai la maggioranza dei contagiati. Si consideri a riguardo che il modello abitativo preponderante in Marocco è quello della famiglia allargata, per cui si vive tutti insieme, condividendo spesso spazi anche piccoli, laddove ognuno porta il suo contributo all’economia familiare. In un paese in cui il numero di disoccupati ha raggiunto 1,2 milioni nel 2017, ovvero circa il 10,2% della popolazione attiva, l’accesso al lavoro non riesce di per sé a garantire un tenore di vita dignitoso (cfr Rapporto Bank Al Maghrib 2017). Un lavoratore dipendente su cinque non è retribuito e il potere contrattuale dei lavoratori sui datori di lavoro è quasi inesistente, come testimoniato anche dalla difficoltà dei sindacati locali ad “entrare” nel settore privato e soprattutto nelle piccole e medie realtà imprenditoriali, spesso informali. Quasi 8 dipendenti su 10 non hanno copertura medica e molti non sono affiliati a nessun sistema pensionistico, a fronte di un livello medio dei salari che rimane comunque basso tra i lavoratori del privato, circa 2.800 dirhams mensili (270 euro circa) nei settori dell’industria, del commercio e nelle professioni liberali e 1.813 dirhams mensili (circa 170 euro) nel settore agricolo. Per darvi un’idea delle disparità interne, la retribuzione di un dipendente pubblico è in media superiore dell’82% a quella di un lavoratore nel settore privato, senza considerare il fatto che il settore pubblico beneficia di un sistema pensionistico particolarmente generoso. Per farvi capire il potere di acquisto reale, un kg di carne di manzo costa in media intorno alla 10 euro, per le verdure comuni come patate, carote e pomodori siamo tra 60 centesimi e un euro al kg mentre la frutta è più cara, fino a 3-4 euro al kg. Insomma, non siamo ai livelli dell’Europa, ma neppure troppo lontano….

Il virus porta a galla le diseguaglianze rischiando di trasformare i diritti in privilegi e di far emergere conflitti sociali. L’isolamento impone una condotta rigida che non si adatta ai bisogni di chi è costretto a lavorare per mangiare ma che comunque va rispettata, al fine di limitare la diffusione dell’epidemia.

Tra i due mali, il male minore. Ma per quanto?
Quanto può costare la pace sociale, in un paese che non può offrire a tutti i cittadini e tutte le cittadine le stesse garanzie e le stesse tutele?

Alla fine di marzo di quest’anno, il Comitato Economico di Vigilanza (CVE) ha presentato pubblicamente delle misure di sostegno provvisorie che saranno adottate a favore delle famiglie che operano nel settore informale e che sono direttamente colpite dalle restrizioni mirate a ridurre la diffusione del virus. Data la complessità e la portata del problema, il CVE ha deciso di procedere in due fasi.
In un primo momento, a partire circa dal 06/04/2020, beneficeranno di aiuti economici i cittadini e le cittadine iscritti al Ramed, il Regime di Assistenza Medica per le fasce di popolazione più vulnerabili (che contava più di 10.000 persone iscritte nel 2017). Il Fondo per il Coronavirus trasferirà a queste famiglie degli “aiuti di sussistenza” sulla base dei seguenti criteri: 800 dirhams (circa 75 euro) per famiglie di due persone o meno; 1.000 dirhams (circa 95 euro) per famiglie da tre a quattro persone; 1.200 dirhams (circa 110 euro) per famiglie di oltre quattro persone. Il sistema è stato pensato per essere accessibile anche da casa. Il capofamiglia dovrà inviare il numero della sua carta Ramed via SMS, dal suo cellulare, al numero 1212, disponibile anche per fornire assistenza alle famiglie e chiarire dubbi rispetto alla situazione. E’ attesa invece per le prossime settimane una piattaforma di deposito per le dichiarazioni di quanti non sono iscritti al Ramed, lavoratori del settore informale e quanti hanno perso il proprio reddito a causa dell’isolamento obbligatorio, che dovrebbero beneficiare di aiuti successivi. L’indennità forfettaria mensile netta prevista per legge per i lavoratori e le lavoratrici iscritti/e alla previdenza sociale corrisponderebbe invece a circa 2.000 dirhams al mese (circa 197 euro).
Una situazione in evoluzione dunque, che se da una parte dimostra degli sforzi in atto per rispondere all’emergenza, dall’altra riesce a rassicurare solo in parte i dubbi e le angosce di ampi strati della popolazione privi di sicurezze per il futuro.

Chiudo queste due brevi pagine di riflessioni sulla diffusione del COVID-19 in Marocco con qualche riga su una zona di questo paese che mi è particolarmente cara essendo il territorio dove per primo ho vissuto, negli otto anni che sono trascorsi dal mio primo viaggio in questo paese. Si tratta della Regione del Draa-Tafilalet, a circa 200 km a Sud-Est di Marrakech, attraverso le montagne dell’Atlante verso il confine sud-orientale con l’Algeria. Un territorio essenzialmente rurale che negli ultimi 15 anni si è visto trasformare in destinazione di eccellenza per turisti da tutto il mondo desiderosi di spingersi fino alle prime dune del Sahara, per uno scatto tra le belle dune di Merzouga e Ch’gaga, magari da postare sul proprio profilo social. E’ il cosiddetto Grande Sud, una zona di frontiera in cui si mescolano Marocco Arabo e Marocco Africano, antica terra di carovane dove è ancora viva la cultura dei berberi, gli “uomini liberi” del deserto, che già aveva catturato l’immaginazione di tanti artisti e scrittori del ‘900 (si pensi al celebre “Tè del deserto” di Bowles). E’ difficile raccontare l’impatto del COVID-19 su questi territori, dove la gente ha risposto con compostezza e disciplina agli imperativi imposti dalla situazione, con la chiusura immediata di tutte le attività turistiche e ricettive (considerato comunque che la chiusura degli aeroporti e lo stop agli ingressi dall’Europa avevano già prodotto una sospensione forzata dal lavoro degli operatori turistici anche prima dell’obbligo imposto dalle autorità). Ma c’è preoccupazione nell’aria, soprattutto da parte delle generazioni più giovani.

Con i turisti se n’è andato anche il lavoro, lasciando l’evidenza di una economia locale fragile, ancora sconnessa e disarticolata, dove i saperi e gli equilibri tradizionali si sono persi nell’arco di meno di una generazione, lasciando un vuoto che se non colmato in fretta rischia di essere il motore di fenomeni di deculturazione nonché di emigrazione verso altre aree del Paese (Casablanca, Tangeri) o l’Europa.

Cosi, mentre  crescono i timori per l’impatto del nuovo coronavirus sull’economia mondiale, questi territori alle porte del deserto, normalmente esclusi dal dibattito pubblico, diventano ai miei occhi il simbolo di quanto gli equilibri del mondo cosiddetto globalizzato siano interconnessi, di quanto “periferia” e “centro” siano luoghi simbolici che esistono solo nell’occhio di chi osserva e di come sia impossibile continuare a pensare di tutelare solo una parte senza prendersi cura del tutto.

Isabella Panfili, Rappresentante paese Iscos Marche in Marocco

La ricetta del Club di Roma per reinventare la prosperità

Graeme Maxton e Jorgen Randers, autori del rapporto, ritengono che il sistema economico attuale sia ben lontano dal risolvere le sfide del nostro tempo, dal momento che queste non sono più le priorità del sistema stesso. Oggi, disuguaglianza e disoccupazione non si eliminano con la pura crescita economica. Le tredici politiche possono permettere ridurre la disoccupazione e le disuguaglianze oltre a rallentare il ritmo del cambiamento climatico. Inoltre, le sfide del futuro si moltiplicheranno a causa della robottizzazione del lavoro, l’invecchiamento della popolazione e la disponibilità di minori risorse.
Le raccomandazioni specifiche invitano alla riduzione oraria del lavoro, aumentare la soglia del pensionamento per rendere le persone anziane indipendenti fino al momento desiderato, ridefinere il “lavoro retribuito” considerando le necessità di coloro che si prendono cura di altre persone a casa, aumentare le indennità di disoccupazione, aumentare le tasse delle società per azioni e dei più ricchi per redistribuire i profitti, stabilire paccheti di stimolo economico rivolti al cambiamento climatico, tassare maggiormente l’energia fossile, ridurre le tasse sul lavoro aumentando quelle sull’utilizzo delle risorse naturali, aumentare le tasse di successione per ridurre la disuguaglianza, promuovere la  cresciata delle unioni sindacali, ridurre il commercio dove i danni ambientali sono maggiori, incoraggiare meno nascite e introdurre un salario minimo per coloro che lo necessitano.
Sorgente: La ricetta del Club di Roma per reinventare la prosperità

Pubblicato il MiniDossier di Openpolis "Immigrazione, il giorno dopo"

Il dossier di Openpolis, con molti dati interessanti sugli immigrati in Italia.

Un approfondimento sull’integrazione degli stranieri in Italia, con dettagli sulle singole regioni e confronto con i Paesi UE. I focus – realizzati grazie alla collaborazione con ActionAid – riguardano le comunità presenti e il loro inserimento.
Crisi economica. Gli effetti della crisi sono stati ancora più duri per gli stranieri residenti in Italia. Se per gli italiani l’occupazione è scesa di 2,6 punti percentuali, la diminuzione per i lavoratori extra UE è stata più forte (8,3%). Allo stesso tempo in Italia, il rischio di povertà ed esclusione locale è del 26,5% per i locali e del 43,6% per gli stranieri.
 
Forza lavoro. In Italia il 10,82% dei lavoratori regolari è straniero , una percentuale superiore alla media europea che è del 7%. In dieci anni l’aumento registrato è stato del 146%, nel 2004 la forza lavoro straniera era al 4,4%. La distribuzione varia nelle diverse regioni italiane, il picco è nel Centro (13,67%) mentre i valori più bassi sono al sud (5,26%).
 
Divario retributivo.  L’80% dei dirigenti italiani guadagna più di 2.000 euro al mese contro il 58% dei pari livello di origine extra europea. A parità di lavoro non c’è quindi parità di compenso . E ancora, se l’8,3% degli italiani guadagna più di 2.000 euro al mese, la percentuale scende ad appena lo 0,6% per i lavoratori extra-Ue.
 
Permessi di soggiorno. il 71% degli stranieri residenti sono cittadini extra comunitari che hanno un permesso di soggiorno (1,7 milioni con scadenza e 2,2 milioni di lungo periodo). Nel 2013 i nuovi rilasci temporanei sono stati per lo più per motivi di lavoro (33%), famiglia (25%) o studio (10%). I permessi rilasciato collegati all’emergenza rifugiati (asilo politico o motivi umanitari) sono stati il 7,49%.
 
Popolazione residente. Sono quasi 5 milioni gli stranieri residenti in Italia e rappresentano l’8% del totale della popolazione . La loro presenza è quadruplicata negli ultimi 10 anni ed è concentrata nelle regioni del centro-nord (si va dal 2,5% della Sardegna al 12% dell’Emilia-Romagna). 190 le nazionalità presenti, la comunità più grande è quella rumena con oltre 1 milione di persone.
 
 

 

Un rimedio contro le disuguaglianze

di Janine Berg, economista, Organizzazione Internazionale del Lavoro
Apparentemente, il primo passo per risolvere un problema è di riconoscere l’esistenza di un problema. Ben vengano quindi i riflettori puntati sulle disuguaglianze e le preoccupazioni riguardo alle loro possibili conseguenze. Ora però dobbiamo concentrare l’attenzione su come invertire una evoluzione così inquietante.
Un nuovo studio,
Labour markets, Institutions and Inequality
(«Mercati del lavoro, istituzioni e disuguaglianze»), elaborato da esperti delle politiche dell’Ufficio Internazionale del Lavoro, sostiene che, per ridurre le disuguaglianze, ci vuole una azione politica concertata per rafforzare, se non addirittura per creare, in tutto il mondo istituzioni del mercato del lavoro e del benessere sociale.
Tali istituzioni sono necessarie perché le società eque con ampie classi medie non sono il prodotto naturale delle forze del mercato del lavoro.
Per iniziare, i paesi devono abbandonare l’idea sbagliata che la deregolamentazione del mercato del lavoro sia in grado di risolvere i problemi della sottoccupazione e della disparità di accesso al lavoro.
Abbassare il costo del lavoro non porta alla creazione di posti di lavoro. Ci vogliono invece politiche macroeconomiche per il commercio e gli investimenti a sostegno della creazione di posti di lavoro; in effetti, per ridurre le disuguaglianze, ci vuole un numero sufficiente di posti di lavoro.
Il mercato rispecchia i pregiudizi
Il mercato del lavoro non valuta i lavori in modo equo. In alcuni casi, la causa è una eccedenza di manodopera (o, in termini economici, a un eccesso dell’offerta).
In altri casi, il «mercato» rispecchia semplicemente i pregiudizi sociali contro alcuni mestieri o contro le persone che esercitano questi mestieri. Il lavoro domestico è forse il caso più emblematico di questi pregiudizi, ma ci sono molti altri esempi.
Se vogliamo un mercato del lavoro più equo, è necessario il sostegno delle istituzioni, in particolare il salario minimo, la contrattazione collettiva e una legislazione che garantisca parità di trattamento, indipendentemente dal tipo di contratto di lavoro.
È anche necessario il sostegno delle politiche pubbliche come i servizi sanitari nazionali e l’educazione della prima infanzia a un prezzo accessibile, per permettere ai genitori di entrare più facilmente nel mercato del lavoro.
Tutte queste politiche sono particolarmente importanti per i lavoratori con stipendi bassi, molti dei quali sono «estranei» al mercato del lavoro (in particolare le donne, i migranti e i giovani). Questi gruppi riescono meglio se i mercati del lavoro comportano le istituzioni di sostegno per aumentare i guadagni, per limitare l’incidenza del lavoro a bassa retribuzione e per abbassare le disuguaglianze.
Politiche sociali di sostegno
I mercati del lavoro risentono anche dell’influenza delle politiche sociali. I programmi di assistenza sociale possono ridurre la disperazione dei lavoratori e la probabilità di diventare vittime del lavoro forzato o di altre forme di sfruttamento lavorativo.
I sussidi di disoccupazione possono migliorare l’adeguamento tra domanda e offerta di lavoro come pure la capacità dei lavoratori di contrattare salari più alti. Allo stesso modo, i programmi di garanzia per l’impiego possono migliorare l’applicazione del salario minimo. D’altra parte, i vantaggi professionali rischiano di diventare un modo per compensare bassi salari, sempre che questi vantaggi non siano abbinati ad altre politiche come i salari minimi.
Ci vogliono delle politiche per fornire sostegno nei momenti della nostra vita in cui non dovremmo lavorare — quando siamo giovani e dobbiamo studiare, se non possiamo lavorare per causa di malattia o di disabilità, o quando, dopo decenni di lavoro, andiamo in pensione.
Garantire che gli individui e le famiglie possano astenersi dal lavoro durante questi periodi necessita del sostegno delle politiche sociali. I dati lo dimostrano chiaramente — ad esempio, attraverso la relazione negativa che esiste tra la copertura e il livello delle prestazioni pensionistiche da una parte, e la partecipazione dei lavoratori anziani alla forza lavoro dall’altra. C’è quindi bisogno di garantire che i lavoratori dispongano di redditi sufficienti qualora si trovino fuori dal mercato del lavoro, attraverso l’abbinamento di sistemi pensionistici contributivi a garanzie minime per tutti.
Diversi paesi in via di sviluppo hanno recentemente esteso i propri programmi di assistenza sociale: è un passo importante, visto l’efficacia di tali politiche per ridurre la povertà. Tuttavia, a causa del basso livello dei sussidi, queste politiche devono essere associate con altre misure di protezione sociale atte a fornire un più ampio sostegno ai lavoratori con maggiori effetti di ridistribuzione.
Alcune politiche discusse nel volume necessitano di finanziamenti, donde la necessità per i paesi di avere una base imponibile sufficiente a sostenere la ridistribuzione, oppure di avere la volontà politica di aumentare le entrate se necessario.
Politiche su misura
Le politiche possono essere proporzionate al livello di sviluppo di un paese e alla sua struttura economica. In alcuni paesi, è più importante concentrarsi sui servizi pubblici e sui trasferimenti sociali atti a aumentare il reddito della fascia più debole e di sostenere l’accesso al mercato del lavoro.
In altri paesi, i sistemi di protezione sociale ben stabiliti sono sotto pressione a causa dell’aumento delle disuguaglianze nel mercato del lavoro che richiedono un rafforzamento della regolamentazione del mercato del lavoro.
Nella sua analisi delle disuguaglianze e dello sviluppo economico, Simon Kuznets ha spiegato che la relazione «a U rovesciata» tra crescita economica e disuguaglianze era il risultato di una crescente pressione politica dei gruppi a basso reddito.
Con l’aumento della ricchezza e l’espansione della democrazia, questi gruppi esercitano una pressione politica a favore della ridistribuzione. Così, nonostante sia stata considerata a torto come una «legge della natura», la riduzione, nel tempo, delle disuguaglianze non era un risultato naturale. Ci voleva la pressione politica insieme alla volontà e all’impegno a favore del cambiamento.
Rimane da vedere se esiste l’impegno a fronteggiare le disuguaglianze per sconvolgerle. È chiaro tuttavia che in assenza di politiche a sostegno di un mercato del lavoro ben regolamentato e della protezione sociale, continueremo a deplorare ancora l’aumento delle disuguaglianze.
Portale del Lavoro Dignitoso – News – Un rimedio contro le disuguaglianze.

Crisi: prodotto delle diseguaglianze crescenti

Giovedì 11 dicembre alle 16:00, all’Asilo Ricci di Macerata, si svolgerà un incontro dibattito con Federica de Lauso (Centro studi Caritas Nazionale), Benedetta Giovanola (Università di Macerata) e Sauro Rossi (CISL Marche) sul tema “Crisi: prodotto delle diseguaglianze crescenti”.
In calce proponiamo alcuni link per approfondire il tema.
Grazie e a presto!

locandina seminario macerata dicembre 2014_01
Per approfondire:

Non siamo poveri perchè c'è la crisi: è la troppa povertà che causa la crisi

Il rapporto di Oxfam Partire a pari merito: eliminare la disuguaglianza estrema per eliminare la povertà estrema evidenzia come, a causa della crescita della disparità di reddito in molti paesi del mondo, i benefici della crescita economica non raggiungano grandi fasce di popolazione, ma si fermino a una elite che dispone di più ricchezza di quanta possa materialmente consumarne nell’arco di generazioni.
Dal 2009, anno di “esplosione” della crisi economica globale, il numero di miliardari nel mondo è più che raddoppiato . Un trend in costante incremento: tra il 2013 e il 2014, le 85 persone più ricche al mondo – che, secondo un dato già diffuso da Oxfam lo scorso gennaio, hanno la stessa ricchezza della metà della popolazione più povera al mondo  – hanno collettivamente aumentato la loro ricchezza di 668 milioni di dollari al giorno. Ovvero, quasi mezzo milione di dollari ogni minuto .
LA DISUGUAGLIANZA NON STIMOLA LA CRESCITA
Winnie Byanyima, Direttore esecutivo di Oxfam International, ha così sintetizzato il significato del rapporto: “Questi dati ci mostrano una realtà che non possiamo evitare di vedere: l’estrema disuguaglianza economica oggi non è uno stimolo alla crescita, ma un ostacolo al benessere dei più. Finché i Governi del mondo non agiranno per contrastarla, la spirale della disuguaglianza continuerà a crescere, con effetti corrosivi sulle istituzioni democratiche, sulle pari opportunità e sulla stabilità globale”.
7 persone su 10 vivono in paesi in cui il divario tra ricchi e poveri è maggiore di quanto non fosse 30 anni fa . In Kenya, nei prossimi cinque anni altri 3 milioni di persone potrebbero essere spinti al di sotto della soglia di povertà se il governo non prenderà misure volte a diminuire, anche leggermente, la disuguaglianza di reddito . In India, paese che ha ridotto i propri livelli di povertà assoluti negli ultimi vent’anni, l’analisi di Oxfam evidenzia che se il governo indiano riuscisse ad arrestare il recente aumento della disuguaglianza nei prossimi cinque anni, salverebbe dalla povertà altri 90 milioni di persone.
Anche in Italia, secondo l’OCSE , da metà degli anni ‘80 fino al 2008, la disuguaglianza economica è cresciuta del 33% (dato più alto fra i paesi OCSE, la cui media è del 12%). Al punto che oggi l’1% delle persone più ricche detiene più di quanto posseduto dal 60% della popolazione (36,6 milioni di persone) ; mentre dal 2008 a oggi, gli italiani che versano in povertà assoluta sono quasi raddoppiati fino ad arrivare a oltre 6 milioni, rappresentando quasi il 10% dell’intera popolazione .
viaIl Boom delle disuguaglianze | Oxfam Italia.

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E’ tempo che le ONG ammettano che gli aiuti non “salveranno” l’Africa

Un interessante articolo di Martin Drewry, direttore di Health Poverty Action, centrato sulla realtà inglese, che riflette su come gli aiuti all’Africa da parte dei paesi occidentali siano inferiori alle risorse economiche che escono dal continente.
L’invito finale è di intervenire sui propri governi.
Leggi tutto: E’ tempo che le ONG ammettano che gli aiuti non “salveranno” l’Africa | DevReporterNetwork.